2e vol d’essai du drone LARK-1 qui imite les chasseurs 5G

Selon le nouveau rapport hebdomadaire de l’Academy of Aerospace Propulsion Technology (AAPT), filiale du groupe d’aérospatiale chinois CASC et spécialisée dans les moteurs à ergol liquide, un drone cible à « grande manœuvrabilité » a effectué récemment son deuxième vol d’essai dans une base aérienne de transformation.

Qualifié comme réussi, le test a permis de tester l’ensemble des sous-systèmes du drone ainsi que sa performance en vol, comme l’altitude, la vitesse et le facteur de charge.

Bien qu’aucun autre détail n’a été fourni dans le texte, il s’agit en réalité du drone cible LARK-1  (百灵一号), qui, d’après la description rendue public au dernier salon aéronautique de Zhuhai, permet de simuler les caractéristiques en vol des chasseurs de supériorité aérienne de 4e et de 5e génération, et sera servi à l’évaluation des nouvelles armes Air-Air et Surface-Air, ainsi qu’à l’entraînement des unités de défense anti-aérienne.

Le drone qui mesure 1,2 × 3,95 × 0,33 mètres est capable de réaliser des manœuvres constantes ≤ 6g pendant 30 secondes ou de manière instantanée ≤ 9g, et ce au minimum deux fois durant le même vol. Pour pouvoir imiter au mieux les caractéristiques en vol des avions de chasse de dernière génération, l’engin peut croiser jusqu’à une vitesse de Mach 1,6 et atteindre le plafond de 14 000 mètres.

La surface équivalente radar (SER) de LARK-1 a également été travaillée pour refléter certaines situations de combat réelles, à savoir 0,3 m² en bande X, 3 m² en bande Ku et 5 m² en bande Ka.

En plus d’une version aéroportée, qui peut être larguée en altitude par un chasseur bombardier de type JH-7A, le drone cible chinois peut aussi être lancé depuis une plateforme mobile au sol, auquel cas un booster à ergol solide de 2,24 × 6,37 × 0,33 mètres se chargera de l’envoyer en altitude et vitesse initiale voulue.

Drone

Le drone cible LARK-1, conçu pour simuler le comportement des chasseurs de 5e génération.

Le projet de développement de ce drone-cible LARK-1 est mené par l’équipe du professeur YU Yun Feng (于云峰) de la Northwestern Polytechnical University (NWPU), et en collaboration avec plusieurs industriels chinois, dont la 4ème, la 6ème (AAPT) et la 9ème académie du groupe aérospatial chinois CASC, ainsi que l’Institut 618 du groupe aéronautique AVIC.

Le premier essai en vol de l’engin a eu lieu l’an dernier en mois de Décembre. Des experts venants d’autres entités chinoises dans l’industrie de la défense, comme ceux de l’Institut des missiles Air-Air du groupe AVIC, la CAAA, la CALT et l’université militaire NUDT ont également assisté au test, témoignant l’importance du projet pour l’armée chinoise.

En effet, avoir avoir introduit cette année le J-20 comme l’avion de chasse de nouvelle génération, l’armée de l’air chinoise, qui s’occupe également de la défense anti-aérienne et anti-missile du pays, veut également doter d’un moyen efficace pour contrer efficacement ce genre de vecteur.

Si les moyens de surveillance se multiplient ces dernières années pour détecter et suivre les cibles comme le F-22 ou le F-35 américain, les unités de lutte anti-aérienne chinoise manquent encore d’outils pour les « travaux pratiques » dans leurs entraînements.

Les industriels chinois proposent un grand nombre de drone cible chaque année pour les différents corps d’armée chinois, mais aucun n’est réellement conçu pour simuler les cibles volantes supersoniques capable de manœuvrer. Nombreux sont ceux qui permettent seulement d’imiter les missiles de croisière subsoniques, dont l’armée chinoise en consomme par centaines chaque année, comme la famille II-250 et S-200 développés par l’Institut 60 (NRIST) de l’Etat major de l’armée chinoise, ou encore les drones cibles BW (北威) de la société Beijing Symbol of Power Technology Development Co., Ltd. (北京威标志远科技发展有限公司), qui eux développent aussi des cibles simulant les missiles balistiques.

On notera que l’armée chinoise ne s’est pas uniquement intéressée par un drone cible manœuvrant comme le LARK-1, mais pousse aussi leur besoins bien plus loin. Par exemple, on découvre récemment qu’un nouveau drone cible pour simuler les caractéristiques d’un missile de croisière furtif est actuellement entré en production, et l’Institut CAAA du groupe CASC est aussi en train de développer un drone cible furtif à aile volant, le CH-805, qui ressemble à un bombardier américain B-2 mais en beaucoup plus petit.

Développer à la fois la lance et le bouclier correspond bien aux pratiques courantes de l’armée chinoise, on le voit à travers le J-20 et les nombreux projets de drone cible permettant de simuler les engins similaires, et c’est probablement pour la même raison qu’après avoir développé plusieurs armes différentes pour pouvoir attaquer des porte-avions – comme les missiles anti-navires, les missiles balistiques anti-navires, ou encore le missile hypersonique Boost-Glide actuellement en étude – la Chine continue pourtant à construire ces mêmes bâtiments.

A suivre.

Henri K.

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<p>Et si la vision du monde est « biphasée » ? C’est ce que Henri a toujours cru, c’est également comme cela qu’il voit la Chine.</p> <p>Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l’Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.</p>

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