CH-804C : le drone hybride qui a résolu l’affaire du vol de pipeline

Quel lien pourrait-il y avoir entre un drone hybride, mi-avion mi-hélicoptère, et une affaire du vol de pipeline pétrolier ? A priori aucun.

Pourtant, c’est ce qu’il arrive au CH-804C, un drone hybride conçu par l’Institut CAAA, filiale du groupe aérospatial chinois CASC et constructeur des drones militaires Cai Hong, qui a contribué à la résolution rapide d’une infraction en Chine.

L’histoire remonte au début Mai, dans la province de Shandong située sur la côte Est de la Chine. La société pétrochimique chinoise SINOPEC, classée 4ème à la liste des 500 plus grandes entreprises mondiales (Fortune Global 500), a découvert une baisse de pression dans l’un de ses pipelines de produits raffinés passant par la ville de Zibo.

L’anomalie présente sur une section longue de 20 km, et l’affaire a été rapidement saisie par la police locale. Mais après deux semaines d’investigation, les personnels de SINOPEC et les enquêteurs n’ont pas parvenu à localiser la fuite, causée par des trous percés dans la canalisation, et n’ont identifié aucun suspect.

Pour pouvoir évaluer en urgence l’éventuelle pollution de l’environnement tout au long du pipeline saboté, SINOPEC a finalement fait appel au CAAA, qui a choisi de venir avec son nouveau drone hybride, capable de rester stationné au-dessus d’un point fixe pour la photographie précise, ou voler comme un petit aéronef pour couvrir une large zone.

Drone hybride

Le drone hybride CH-804C (Photo : 中国航天空气动力技术研究院)

D’après le communiqué du CAAA, le drone CH-804C a débuté sa mission le vendredi 19 Mai, et grâce à ce nouvel outil qui a amélioré grandement l’efficacité des recherches, les suspects ont enfin été identifiés et arrêtés, et le tout en moins de 24 heures.

Dérivé du modèle de base à voilure fixe CH-804, le drone CH-804C pèse 28 kg maximum au décollage et dispose d’une autonomie de 3 heures, contre 22 kg et 24 heures pour le premier.

La particularité de ce drone hybride est l’installation de 4 rotors sur les poutres de queue fixées aux ailes, lui permettant de décoller et atterrir à la verticale sans avoir besoin d’une piste, ou d’un système d’éjection comme son aîné.

En plus de ces rotors à l’hélicoptère, le moteur principal, actionnant une hélice bipale installée à l’arrière du fuselage, propulse le petit aéronef comme un avion à une vitesse de 150 km/h.

Bien que le constructeur chinois n’a pas dévoilé d’autres détails techniques sur ce drone, mais le CH-804C est loin d’être le seul drone hybride dans son genre.

En effet, on peut citer par exemple le Sky Eye, un autre drone mi-avion mi-hélicoptère conçu par le petit constructeur chinois Sun Hawk (三和航空).

Drone hybride

Le drone hybride Sky Eye (Photo : 河南三和航空工业有限公司)

Ce petit drone a des caractéristiques très similaires au CH-804C – Il mesure 2,25 mètres de long et 0,65 mètre de haut, avec une envergure de 3,50 mètres. L’engin pèse 21 kg à vide et 32 kg au décollage, avec un rayon de contrôle de 30 km.

L’hybride est capable de voler jusqu’à 4 500 mètres d’altitude, et disposant une autonomie de 3 à 4 heures. Sa vitesse maximale est de 160 km/h.

Ce type de drone hybride présente donc des atouts pour remplir certaines missions particulières, comme l’inspection périodique des lignes à haute tension et des pipelines, ainsi que la patrouille frontalière et maritime par exemple.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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