Wing Loong I ? CH-4B ? Un drone armé saoudien « abattu » près du Yémen

L’information est parue hier dans le compte Twitter de « Yemen Observer », selon laquelle un drone saoudien du modèle « WD-1K Wing Loong » aurait été abattu par les forces anti-aérienne yéménites, ce jeudi 12 Juillet, près de la ville d’Al-Raboah (?) en province frontalier d’Asir.

La vidéo jointe montre des personnes armées en train d’examiner l’épave de ce qu’il semble être un drone en livrée grise. Malgré la très faible résolution des images, on peut tout de même distinguer la voilure, la cellule centrale, certains équipements embarqués comme le reste des senseurs optroniques, des pylônes ainsi qu’au moins deux munitions Air-Sol de petite calibre.

Plusieurs questions surgissent alors autour de la nouvelle. Quelle est cette « défense anti-aérienne yéménite », est-ce les rebelles chiites houthis, les autres organisations d’insurgé ou les forces loyalistes ? Où exactement le dit drone s’est écrasé et quelle est la véritable cause de son crash ?

Si peu d’éléments sont disponibles ce jours pour donner plus de précision à l’événement, on peut au moins supposer que le drone en question n’est pas le Wing Loong comme affirme la source, mais plutôt le CH-4B acquis par Ryad s’il provient réellement de l’Arabie Saoudite.

En effet, bien que le royaume ait bel et bien acheté au moins trois modèles de drone militaire chinois, à savoir les Wing Loong I, Wing Loong II et CH-4B, et que tous les trois sont armés, mais la forme de pylônes trouvés sur place fait penser plus à ceux utilisés par le CH-4B que les Wing Loong.

En effet, on peut voir que les pylônes du drone écrasé sont en une seule pièce intégrée et profilée, alors que ceux de Wing Loong I et Wing Loong II sont assemblés avec une pièce porteur de forme trapèze plus un rail long séparé.

La vérification rapide du pylône des drones CH-4 entrés en service au sein des forces saoudiennes, irakiennes et jordaniennes confirment aussi ce point.

En plus des pylônes, la peinture des munitions du drone suggère aussi que ces petits missiles portés par l’engin soient ceux de la famille AR proposée à l’export par le groupe d’aérospatiale chinois CASC, constructeur des drones Cai Hong (CH-x).

A noter ce n’est pas la première fois que le CH-4 soit confondu avec un Wing Loong, même si ces deux drones ne viennent absolument pas du même constructeur et n’ont aucun lien de parenté de loin comme de près. Lors de la cérémonie pour célébrer le 50ème anniversaire de l’école de pilotage King Faisal Air Academy de la Force aérienne royale saoudienne (RSAF) en Janvier 2017, où le CH-4B sous la couleur saoudienne a été présenté publiquement pour la première fois, certains invités l’ont déjà confondu avec un Wing Loong I, également en service dans la RASF.

Reste aussi les questions sur la cause principale du crash et le lieu exact. Il est difficile de dire si le drone a été touché par un missile ou des obus de canon anti-aérien, et l’épave ne semble pas présenter des traces de brûlure après une explosion au sol alors que les réservoirs du CH-4 peut contenir jusqu’aux 280 kg de kérosène en configuration lisse, ou au moins 95 kg pour assurer une autonomie de vol de 10 heures.

Sachant que la variante armée CH-4B peut atteindre un plafond de 7 000 mètres d’altitude et 5 000 mètres en croisière, ce qui est hors de portée pour un MANPAD de type QW-2 ou FN-6 par exemple, et que l’explosion d’un missile SAM de portée suffisante aurait causé un dégât plus important de ce que l’on voit ici, il n’est donc pas exclu que le drone s’est écrasé seul suite à une mauvaise manipulation ou un problème technique.

Quant à la localisation où l’épave du drone a été retrouvée et filmée, certaines sources donnent les coordonnées  17°32’N  43°19’E, ce qui correspond à une zone rocheuse près de la ville d’Al-Raboah, à moins de 300 mètres de la frontière entre l’Arabie Saoudite et le Yémen et à l’intérieur du sol de ce premier. Mais il est difficile de confirmer ceci pour le moment.

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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