Un navire hydrographique Type 636A fait escale au Sri Lanka

Un navire hydrographique militaire chinois de Type 636A a fait cinq jours d’escale dans le port de Colombo au Sri Lanka, indique un communiqué de la marine sri-lankaise.

Le 875 Quan Sanqiang est arrivé à Colombo le 1er Février pour « une escale technique et le ravitaillement ». Le bâtiment chinois est accueilli par le contre-amiral Niraja Attygalle, Commandant de la zone navale de l’Ouest.

Il s’agit de la première escale d’un navire militaire chinois à Colombo en 2017. Selon un accord signé par le gouvernement du Sri Lanka en Juillet 2016, les bâtiments de guerre chinois sont désormais autorisés à faire escale et à se ravitailler dans ce port.

La présence de ce navire hydrographique chinois de dernière génération dans les eaux sri-lankaises est particulièrement intéressante, et s’inscrit dans la logique de la montée en puissance des forces sous-marinières en océan Indien.

Type 636A

La stratégie chinois « One Belt One Road » (Source : Agence Xinhua)

En effet, depuis la mise de la stratégie géopolitico-économique chinoise « One Belt One Road » (OBOR), destinée à recréer une nouvelle route de la Soie à travers toute Eurasie jusqu’en Afrique, la Chine a mis tous ses moyens économiques, technologiques, culturels et aussi militaires en oeuvre pour mener à bien ce gigantesque projet.

Le système de positionnement et de navigation Beidou qui s’ouvre d’abord vers les régions couvertes par l’OBOR, l’investissement massif dans les ports étrangers jusqu’en Europe (dont le port de Colombo), l’exportation des technologies et des projets ferroviaires en Asie du Sud-Est et aussi en Russie…etc font tous parties des moyens déployés pour atteindre le même objectif – Exporter le système de développement socio-économique chinois à travers le continent pour étendre son sphère d’influence, et faire absorber la surcapacité de production chinoise pour continuer à alimenter sa croissance.

Côté militaire, les missions d’escorte anti-piraterie que la marine chinoise a mené dans le Golfe d’Aden depuis 2008 ont donné une excellente excuse aux sous-marins chinois de patrouiller dans la zone. Depuis 2014, les sous-marins nucléaires d’attaque et diesel chinois ont multiplié leur présence en océan Indien. En Juin 2016, nous avons rapporté ici que trois navires de guerre chinois, dont un SNA Type 09IIIA, ont traversé le détroit de Malacca après une longue patrouille dans la région.

Si l’utilisation des sous-marins pour lutter contre les barques de pirate est nullement justifié et justifiable, elle l’est en revanche pour la protection d’importants intérêts chinois qui transitent à travers ces voies maritimes, où les ressources naturelles comme le pétrole et les minerais arrivent en Chine et les produits manufacturiers repartent.

Il n’est donc pas étonnant de voir qu’un navire hydrographique, qui sert à cartographier des fonds et collecter des données nécessaires à la navigation de sous-marins comme la salinité et la température de l’eau, se montre à Colombo. On peut s’attendre aussi à la multiplication de missions pour ce type de navires chinois en océan Indien.

La découpe de la première tôle du 7ème et du 8ème Type 636A en fin 2014.

Admis au service actif dans la flotte de l’Est en Mai 2008, le 875 Quan Sanqiang est le deuxième navire de la classe Type 636A. Il mesure 129,28 mètres de long et déplace 5 883 tonnes pleine charge. L’autonomie du navire est de 60 jours pour un équipage de 134 personnes.

Cinq navires hydrographiques de Type 636A sont entrés en service jusqu’à présent, et trois autres sont encore en construction.

Il est à noter que l’océan Indien n’aura pas simplement un intérêt de « passage » pour la Chine mais représente aussi une réserve abondante en gisements sous-marins. Un autre navire de recherche océanique Xiang Yang Hong 09 (向阳红09) a quitté le port de Qingdao pour une mission de 124 jours qui commence au Nord-Ouest de l’océan Indien, avant de passer à la fosse des Mariannes et en mer de Chine méridionale.

Les Chinois sont particulièrement intéressés par les sulfures hydrothermaux qui sont présents aux grands fonds de l’océan Indien. Le sous-marin habité Jiaolong, capable d’atteindre 7 000 mètres de profondeur, fait aussi partie de cette 38ème expédition de la COMRA (China Ocean Mineral Resources R&D Association).

Cette association COMRA a signé en 2001 et 2011 deux contrats d’exploration privilégiée avec l’Autorité internationale des fonds marins de l’ONU, pour mener des recherches aux fonds marins sur une zone de 75 000 km² en océan Pacifique et une autre zone de 10 000 km² au Sud-Ouest de l’océan Indien.

Cette nouvelle expédition au Nord-Ouest de l’océan Indien confirme donc son intérêt pour les Chinois, qui ont déjà mené plusieurs sorties dans cette région en 2013 et en 2014.

Le sous-marin habité Jiaolong

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

Latest comments
  • Bonjour,
    En quoi les données comme la salinité et la température de l’eau sont nécessaires à la navigation de sous-marins ? on n’est pas en arctique/antarctique, non ?

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