Tibet, Y-20, et le 3ème appareil…

Le mardi 20 Juin, dans la base aérienne de Qionglai, plusieurs avions de transport militaire tels que les IL-76MD, Y-9 et Y-20 sont en attente sur le tarmac.

Ce jour-là, la 4ème division de transport va effectuer une mission de ravitaillement pour les garnisons basées au Tibet, et le département du soutien logistique de l’armée de l’air chinoise a décidé d’en profiter pour mener en même temps un exercice de chargement conteneurisé.

« L’introduction de Y-20 est un nouveau point de départ pour notre capacité de projection stratégique », indique un responsable logistique de l’armée de l’air chinoise, « mais avoir des grands avions ne veut pas forcément dire avoir des grandes capacités. »

L’objectif de cet exercice est donc de vérifier l’efficacité des nouveaux moyens développés depuis ces dernières années sur les différents types d’appareil de transport existants.

« La conteneurisation du transport aérien, la mécanisation de chargement et de déchargement, et la standardisation des processus de soutien logistique sont les points clés pour améliorer la capacité de projection stratégique de l’armée de l’air », souligne le même officier.

A côté d’un IL-76MD, les matériels qui seront envoyés au Tibet ont été rapidement classés, empilés et empaquetés grâce aux nombreux équipements spécialisés. Le temps de chargement de l’avion est réduit à seulement vingt minutes, contre près de trois heures auparavant.

Une plateforme de chargement automobile, les ponts de chargement réadaptés, un système de scan permettant d’identifier les types de matériel, et les différents conteneurs militaires standardisés font désormais parties d’une nouvelle catalogue de moyens logistiques associée à tous les avions de transport.

En plus des équipements au sol, les avions ont eux aussi été repensés pour pouvoir réceptionner et décharger ses cargaisons plus rapidement.

Sur un Y-9 qui va parachuter un véhicule tout terrain par exemple, des rails de part et d’autre de la soute permettent le guidage, l’arrimage et le largage de palettes reposant sur des bandes de roulement, choses qui ont déjà été intégrées dès la phase de conception de Y-20 (voir notre dossier « Nouveaux détails dévoilés sur le Y-20 »).

A l’autre côté du tarmac se trouve justement plusieurs Y-20. Une plateforme de charge automobile est venu s’arrimer avec la rampe de l’un des appareils, une deuxième puis une troisième plateformes du même modèle se sont ensuite accrochés l’une à l’autre à la première, comme des wagons d’un train, et les palettes ainsi que les conteneurs posés sur rails ont été chargés à la chaîne dans la soute de l’avion en une fois.

Cet exercice impliquant plusieurs types d’avion de transport différents a permis de valider un ensemble de processus et des nouveaux moyens mis en place récemment dans cette division. Et bien que ce ne soit pas précisé dans le texte, mais on lit entre les lignes que les Y-9 et les Y-20 qui ont participé à l’exercice ne voleront pas pour Tibet, du moins pour cette fois-ci.

Y-20

Un nouveau Y-20 dans la cérémonie du tournage sur le programme

L’armée de l’air chinoise devrait donc se trouver encore dans une première phase d’acquisition de compétences et d’amélioration de ses moyens au niveau du transport aérien de grande capacité et de la projection des forces, inconnus jusqu’à présent à cause d’un positionnement plutôt défensif des forces aériennes chinoises.

Il est à noter que selon l’une des photos publiées par l’armée de l’air chinoise, au moins un troisième Y-20 a rejoint la division de transport basée à Qionglai. Deux premiers Y-20, immatriculés 11051 et 11052, ont été livrés en Juin 2016 et depuis il n’y a plus aucune nouvelle officielles en ce qui concerne l’adoption d’autres appareils.

Cette photo confirme donc que les nouveaux appareils rejoindront progressivement les troupes chinoises, comme suggéraient déjà plusieurs photos révélées par l’avionneur Xi’an Aircraft Industrial Corporation (XAC).

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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