La Thaïlande achète une batterie de SAM chinois KS-1C

Selon plusieurs sources locales, la Force aérienne royale thaïlandaise a signé un accord avec le consortium chinois d’exportation CPMIEC (China Precision Machinery Import-Export Corporation),  pour l’acquisition d’une batterie de défense anti-aérienne moyenne portée KS-1C. La livraison serait prévue avant la fin d’année.

Des rumeurs circulent depuis l’an dernier sur une négociation entre les deux parties. La Thaïlande est à la recherche d’un système SAM capable de défendre « une importante base aérienne au Sud », sans toutefois préciser laquelle.

Mais on pense qu’il s’agit de la base aérienne Surat Thani qui borde le Golfe de Thaïlande, où sont basés les JAS-39 et les deux seuls AEW&C du pays. Une autre possibilité s’agit de la base Korat où se trouve trois escadrons de F-16A/B de la Force aérienne royale thaïlandaise, mais cette base se situe plutôt au centre de la Thaïlande et non au Sud comme précisées les sources locales.

KS-1C

Les bases aériennes thaïlandaises : la batterie de KS-1C pourrait être déployée à Surat Thani, au Sud.

L’objet de la négociation portait initialement sur le système de défense anti-aérienne longue portée chinoise FD-2000, mais les contraintes financières auraient obligé la Thaïlande à chercher un autre système moins onéreux.

Jusqu’au début du siècle, les pays de l’Asie de Sud-Est étaient dépourvus des avions de combat capables de mener des raids aériens de longue portée. La Thaïlande était donc uniquement équipée des systèmes anti-aériens de portée inférieure à 10 km, comme les MANPADS chinois QW-2 et suédois RBS-70, le SAM suisse ADATS, ou encore les canons anti-aériens de 37 et 40mm.

Le développement économique rapide de la région ont permis aux pays de l’Indochine de se doter des vecteurs de projection longue portée plus menaçants, comme les F-15SG singapouriens, les Su-30MKM malais, et notamment les Su-30MKV vietnamiens. Ces derniers créent une énorme pression militaire sur la Thaïlande, car ses villes les plus importantes se trouvant désormais à la merci de l’armée vietnamienne, alors que la relation entre les deux pays est toujours tendue historiquement.

C’est dans ce contexte que la Force aérienne royale thaïlandaise a acquis les nouveaux avions de combat JAS-39 et les AWACS Saab 340, et cherchait à se doter des systèmes de lutte anti-aérienne capables de sécuriser ses installations.

Le radar de guidage H-200 pour le KS-1C

Développé par le Jiangnan Aerospace Group, anciennement « Base 061 » et filiale du groupe aérospatial chinois CASIC, le KS-1C est la dernière variante proposé sur le marché il y a trois ans.

Comparé à ses aînés KS-1 et KS-1A, la portée oblique du KS-1C est passée de 40 à 70 km – dépendant de la vitesse des cibles qui est limitée à 750 m/s – et le plafond d’interception est augmenté, passant de 24 à 27 km.

Les missiles, en guidage par commande radio, sont désormais stockés dans des conteneurs hermétiques, améliorant ainsi la capacité tout temps du système.

Le radar H-200 à balayage électronique du système permet de détecter des cibles d’une SER de 2 m² volant à 8 000 m d’altitude à une distance de plus de 120 km, ou 50 km à 100 m d’altitude. Il est capable de suivre 3 cibles et guider 6 missiles simultanément.

Une batterie standard de KS-1C est composé d’une station de radar, six véhicules lanceurs avec chacun deux missiles, six véhicules de transport et de recharge, deux véhicules d’alimentation, et un véhicule transformateur de courant. Le tout est accompagné par une panoplie des équipements de support technique au sol.

L’armée de l’air chinoise utilise aujourd’hui le HQ-12, la version chinoise de la famille KS-1, pour remplacer les très vieux HQ-2 des années 60′. Des batteries sont déployés pour protéger certaines bases aériennes et des sites importants.

Un site anti-aérien de HQ-12 dans la province de Xinjiang

Compte tenu de la montée en puissance des différentes forces armées d’ASEAN, et la capacité de KS-1C tout de même limitée, il n’est pas exclut que la Thaïlande reprendra la négociation avec la Chine pour un meilleur choix possible qui est le FD-2000, quand sa situation financière le permet, pour faire face aux menaces aériennes grandissantes de la région.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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