Sur la chaîne d’assemblage final des drones Wing Loong II

Chengdu, un métropole chinois de 10 millions d’habitant avec son histoire qui remonte au moins au IVe siècle av. J.-C., c’est également ici que l’on trouve les « nids » ¹ de l’Institut 611, l’un des plus grands bureaux d’études aéronautiques militaires du groupe AVIC, et aussi l’Usine 132 CAC où les chasseurs FC-1 / JF-17, J-10, J-20 et les drones militaires Wing Loong sont assemblés.

Après la conférence de développement de drones Wing Loong qui a eu lieu mercredi dernier dans la ville, qui a réuni un grand nombre d’entreprises privées participant au programme, les médias locaux ont pu se rendre sur les lieux où les drones sont intégrés et testés, un privilège qui avait été réservé qu’à la télévision nationale CCTV jusqu’à présent.

Wing Loong

Wing Loong I et II sur la chaîne d’assemblage final à Chengdu (Image : CCTV)

Entré dans le hangar, six Wing Loong II en livré gris sont en attente de démontage pour être paqueté et expédié à l’étranger. Le plus grand modèle de la famille des drones chinois a déjà enregistré plus de 100 appareils dans son carnet de commandes à l’export, certains avant même son vol inaugural qui a eu lieu en Février 2017.

Selon le directeur de ligne, la production d’un drone Wing Loong devrait passer par dix étapes standards différents, allant de « Fabrication de composants de la cellule », « Intégration des composants structuraux », « Travail sur points fixes », « Pose des harnais électriques », « Installation des tuyauteries », « Installation du système de propulsion », « Intégration des systèmes », « Essais individuels », « Essais intégrés » jusqu’aux « Vol d’essais d’usine ».

Le site de l’assemblage final, « sans papier », s’occupe des activités à partir des « Travail sur points fixes » qui dureront deux semaines sur un appareil, plus deux autres semaines pour l’intégration de différents systèmes, une semaine de tests et une semaine de vols d’essais. En moyenne, deux mois et demi sont nécessaires pour terminer l’assemblage final et faire partir un nouveau drone Wing Loong II.

Toujours selon le même responsable de la ligne de production, les drones Wing Loong (I et II) sont actuellement utilisés par cinq différents pays utilisateurs, sans toutefois les nommer ni préciser s’il s’agit uniquement des clients à l’export. Mais on sait au moins que la Chine, le Kazakhstan, l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et l’Egypte ont déjà de Wing Loong parmi les rangs.

L’Institut 611 et l’Usine 132 CAC gèrent plus de 100 fournisseurs externes aujourd’hui pour l’approvisionnement des 130 sous-systèmes d’un drone Wing Loong II. La ligne de production compte aujourd’hui une petite centaine de personnels, ingénieurs pour la plupart, pour une cadence de production actuelle de 24 appareils par an.

Les avionneurs chinois comptent investir un milliard de yuan (~127 millions d’€) sur 3 ans pour accroître leurs capacités de conception et de production, et d’atteindre la cadence 30 d’ici peu sur le seul site de Chengdu.

Mais des acteurs aussi bien privés que nationaux, comme Xin Jing Aviation (鑫旌航空) d’un côté et GAIC du groupe AVIC d’un autre, ont déjà rejoint le programme, notamment sur la partie d’assemblage final, afin de satisfaire les demandes croissantes de clients en terme de nombre d’appareils et délai de livraison.

A l’autre côté du hall d’assemblage se trouvent les équipes d’essais en vol et plusieurs « conteneurs » en camouflage désertique. Selon l’interview d’un ingénieur des essais en vol, chaque station au sol contient six postes dont deux pour les responsables de mission et deux pour les pilotes. Deux drones peuvent être pilotés simultanément par une seule station à une distance de 200 km en LOS, ou plusieurs milliers de kilomètre en mode de communication satellitaire.

Les journalistes ont pu également regarder de près « l’œil » du drone, une boule optronique comprenant quatre (?) voies optiques, dont les voies IR et laser. Le modèle exact reste inconnu mais il se ressemble à Loong Eye LE500 développé par une filiale du groupe AVIC.

Wing Loong

Quelques boules optroniques proposées par le groupe AVIC à l’export

Henri K.

 

¹ – Certains donnent le surnom de « Nids d’oiseau » au site de l’Institut 611 à Chengdu

Wing Loong

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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