Red Sword 2016 : le missile Air-Air très longue portée en action

En Novembre l’année dernière, nous avons longuement analysé l’apparition d’un missile Air-Air très longue portée sous un chasseur-bombardier chinois J-16, missile de taille hors norme qui pourrait avoir une portée de plus de 320 km, et qui prendrait pour cibles les appareils à haute valeur ajoutée comme les AWACS, les bombardiers ou encore les avions ravitailleurs.

Et dans une série de photos de l’exercice de combat aérien « Red Sword 2016 », publiée par l’armée chinoise récemment, ce missile Air-Air très longue portée est réapparu, de manière très discrète, cette fois-ci sous un avion de chasse J-11B.

En effet, on peut voir, sur l’une des photos, deux avions de chasse J-10A et un bombardier H-6K, ainsi qu’un J-11B, prêts à décoller dans une base aérienne désertique. Et en zoomant sur le J-11B en question, on aperçoit la présence d’un très grand missile sous l’aile droit de l’appareil.

Au vu de sa longueur par rapport à la cellule de l’avion et la forme de l’engin, il s’agirait du même missile Air-Air très longue portée déjà vu en Novembre dernier.

Son apparition dans l’exercice de combat aérien « Red Sword 2016 », où près d’une centaine d’avions de combat, d’AWACS et de bombardiers de trois Commandement de théâtre chinois se sont affrontés au désert de Gobi, pourrait signifier que le missile est dans un stade avancé de son développement, sinon déjà opérationnel.

Durant l’exercice où les appareils du Commandement de l’Est – qui sont habitués à faire face aux différents avions du Japon, des Etats Unis et du Taïwan – sont venus affronter leurs collègues du Commandement de l’Ouest et du Nord, l’armée de l’air chinoise semble vouloir profiter de cette occasion pour vérifier certains modes opératoires associés à ce missile très longue portée, aussi bien offensifs que défensifs.

Le fait qu’il soit porté cette fois-ci par un J-11B et non un J-16 montre également un autre point intéressant – le missile n’aurait pas besoin du support d’une suite avionique embarquée très avancée de son porteur, du moins pour le lancement, sachant que le niveau avionique du J-16 est nettement supérieur à celui du J-11B.

Au vu de sa portée de plusieurs centaines de kilomètre, Il dépendrait certainement, en revanche, d’autres plateformes pour la correction de trajectoire et le guidage mi-course.

Ce genre d’armements peut donc être considéré comme un autre vecteur « dissymétrique » que la Chine a développé, tout comme les ASBM par exemple, pour faire face aux situations et répondre aux besoins qui lui sont propres.

Son emploi devrait être soumis à des contraintes plus complexes que les missiles conventionnels, et ne pourrait être pleinement efficace que sous certaines conditions particulières – la chaîne de reconnaissance et de commandement, l’environnement électromagnétique, la composition des forces adverses…etc sont autant de paramètres d’influence d’un « système global » à prendre en compte pour essayer de comprendre son fonctionnement.

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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