Quand un pilote de Boeing 747 rencontre un missile chinois en plein vol

Il est pour le moins rare, pour ne pas dire inhabituel, qu’un pilote de ligne rencontre un missile en phase de décollage à 9 800 mètres d’altitude, mais c’est ce qu’il arrive à Christiaan van Heijst en Chine dimanche dernier, à bord de son Boeing 747-8.

En volant sur la ligne Hong Kong – Bakou au-dessus de la province de Xinjiang, vers 14h15 UTC, le pilote néerlandais a été surpris par un point lumineux jaillissant de l’horizon, point qui s’est transformé en une bulle en forme de gouttelette, gagnant rapidement en taille et en altitude.

Quelques minutes après, un long sillage tourbillonné variant en couleur et en forme commence à se former, probablement avec les gaz d’échappement de ce qu’il semble être une fusée.

Étonnés par ce qu’ils voient à travers leur cockpit, l’équipage du vol consulte les messages aux navigants aériens (NOTAM) sur leur route mais ne trouve qu’une zone fermée dans un rayon de 100 km autour d’un point situé au sud d’Ürümqi.

Alors qu’est-ce que Christiaan van Heijst a vu réellement ?

Il s’agit en réalité d’un essai de missile chinois que l’on a justement parlé dimanche, dans le dossier « 4 tirs de missile balistique en Juillet ? », avant même que le lancement ait lieu.

Le NOTAM que Christaan et son co-pilote ont consulté devrait être l’A2052/17, actif entre 13h50 et 15h00 UTC. Le reportage à la fois rare et intéressant de Christiaan montre d’ailleurs que le missile est décollé entre 14h10 et 14h15 UTC, et qu’il semble être composé de deux étages.

Ce missile est parti du site de lancement militaire de Korla en direction sud-est vers le sud de la province de Qinghai, où se trouve la zone de retombée. On estime que la distance parcourue avoisine les 1 375 km.

On ignore pour le moment la nature exacte de ce missile, qui pourrait être, toujours selon notre estimation, soit un missile anti-balistique ou une fusée-sonde scientifique.

Mais si c’est effectivement le premier cas, alors le missile intercepteur devrait atteindre un ΔV supérieur ou égal à 3 km/s en se basant sur la portée de l’engin suggérée par les NOTAM.

Il s’agirait donc d’un missile équivalent à celui du système américain THAAD-ER. Et le seul que l’on connait aujourd’hui en Chine est le fameux HQ-19 (voir notre dossier « La Chine révèle ses premiers essais antimissiles »).

En fait notre pilote néerlandais n’est pas le seul témoin de cet essai de missile chinois. En parcourant sur le blogosphère chinois, on a trouvé au moins une dizaine d’internautes qui ont posté des photos et des vidéos de ce qu’ils pensent être un phénomène astronomique ou un OVNI à l’heure exacte du test, qui a duré environ 15 minutes.

Ces photos et vidéos ont d’ailleurs été prises à différents endroits en Chine que l’on peut voir dans ce schéma – les lignes jaunes représentent les zones aériennes interdites de survol par les NOTAM, les témoins se trouvent aux points rouges et la ligne blanche illustre la trajectoire possible du missile quel qu’il soit.

Missile

Les zones réservées au test du missile (jaune) et les endroits où se trouvent les témoignages en rouge (Image : East Pendulum)

Et voici quelques uns de ces témoignages :

D'après vous, quel type d'engin la Chine a-t-elle testé ce dimanche ?

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Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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