OneSpace : Echec du vol inaugural de lanceur OS-M

Deux lancements orbitaux, deux échecs… Voici le tableau aux résultats plutôt médiocre que dressent les startups spatiales chinoises jusqu’à présent. Il y a d’abord eu le lanceur Zhu Que 1 (朱雀一号, ZQ-1), de LandSpace, qui a loupé de peu son premier vol orbital en Octobre 2018 si son 3e étage n’avait pas présenté une anomalie, puis il y a l’OS-M de OneSpace, mercredi dernier, qui est parti en vrille peu après la séparation de son premier étage pour des raisons que l’on ignore encore.

Cette petite startup pékinoise avait pourtant démarré en fanfare, avec deux réussites successives de sa fusée-sonde OS-X en Mai puis Septembre 2018. Mais son OS-M semble avoir subi le même problème que le concurrent ZQ-1, où les systèmes de contrôle réalisés « in-house » par LandSpace et OneSpace sont mis en cause, alors que tous les deux sont développés à partir du même lanceur à ergol solide vendu sur l’étagère par le géant étatique CASC.

On attend bien entendu les rapports d’investigation, si toutefois ils seront rendus publiques.

Le premier vol de l’OS-M

Tout comme pour le lanceur ZQ-1 de LandSpace, il paraît difficile de pouvoir qualifier OneSpace comme le véritable concepteur à 100% du lanceur OS-M. En effet, les principaux composants de cette fusée, à savoir les moteurs à ergol solide par exemple, sont tous fournis à priori par le groupe CASC, constructeur des fusées Longue Marche.

Pour une startup fondée en 2015, cette façon de faire permet à OneSpace de s’affranchir des investissements lourds et de durée très longue pour développer un nouveau lanceur à partir de rien. Acheter des composants clés sur étagère en provenant d’un acteur historique fiable puis les assembler et réussir un premier vol, en s’appuyant sur la partie « Soft » de développement maison, pour créer la confiance chez les futures prospects et attirer d’autres investisseurs financiers par la suite, semble être un choix judicieux pour ce genre d’entreprise.

Mais comparé à LandSpace, OneSpace n’a pas révélé les caractéristiques physiques de son OS-M. On sait seulement que la petite fusée à 4 étages est capable de placer 143 kg sur une orbite à 300 km SSO ou 205 kg à 300 km LEO. La série M prévoit aussi deux autres variantes, OS-M2 avec deux boosters et OS-M4 avec quatre boosters.

D’après la presse locale, le premier OS-M est arrivé une semaine avant le jour J au centre spatial de Jiuquan, suivi peu après par la charge utile du vol, le petit satellite Lingque-1B de ZeoG Lab.

L’allumage a eu lieu le 27 Mars à 17h39 heure de Pékin, mais le contrôle d’altitude est perdu moins d’une minute après, lorsque le premier étage s’est séparé du reste vers T+47s.

On notera que deux messages aux navigants aériens (NOTAM) ont été publiés pour signaler la présence des zones d’interdit de survol. L’une se situe non loin du site de lancement, l’autre se trouve sur la frontière des provinces du Qinghai et du Sichuan.

OS-M
Image : East Pendulum

Le satellite Lingque-1B

Le petit satellite Lingque-1B (灵鹊一号B星) est le seul passager de ce vol inaugural d’OS-M. Conçu par la société chinoise ZeroG Space, il s’agit d’un CubSat d’observation optique de 8 kg, qui fait partie de la constellation « Magpie ».

Le Lingque-1B devrait se mettre en réseau, si le lancement était réussi, avec son jumeau Lingque-1A lancé le 21 Janvier cette année par la fusée Longue March 11 (CZ-11).

ZeroG prévoit de mettre en orbite 8 autres satellites de la même constellation d’ici fin 2019. La phase 1 devrait compter 25 satellites en 2020, 132 vers 2025 et 378 pour du long terme.

OS-M
Le petit satellite Lingque-1B

Statistique historique

Ce lancement est le 4ᵉ lancement spatial chinois et le 1er échec en 2019, c’est aussi le 1er vol pour le lanceur OS-M.

Voici le tableau de suivi de tous les lancements spatiaux chinois effectués depuis le premier en 1970, y compris ceux qui ne sont pas réalisés par les lanceurs Longue Marche

Henri K.

Post Tags
Written by

Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

No comments

LEAVE A COMMENT