Nouvelle usine de dessalement sur l’île Woody

Après 6 mois de tests et de calibrage, la nouvelle usine de dessalement sur l’île Woody est inaugurée au 1er Octobre, jour de la fête nationale en Chine.

L’usine comprend aujourd’hui trois systèmes de dessalement à osmose inverse, d’une capacité de 1 800t au total. Elle produit environ 1 000t d’eau douce par jour dont 700t directement potable.

Située en mer de Chine méridionale, l’île Woody est la plus grande île des Paracels avec une superficie de 2,6km², mais elle n’a aucune source d’eau douce exploitable. Jusqu’en 2014, l’eau douce provenait principalement de la récupération de l’eau de pluie et le transport depuis le continent. On peut retrouver cette même situation sur les grandes « îles » créées artificiellement par remblaiement dans les Spratleys.

Une première machine de dessalement de 400t a été installée sur l’île Woody en 2014 mais elle n’a pas permis de combler le besoin journalier des habitants en eau douce, qui sont d’ailleurs obligé de pomper de l’eau salée venant du récif corallien sous leur pieds pour certains usages sanitaires.

L’île Woody compte aujourd’hui environ 1 000 habitants permanents, les militaires inclus. Si on estime qu’un habitant sur l’île a besoin de 150 litres d’eau douce par jour (extrapolé depuis les données 2014 en France), alors en principe 150t d’eau par jour auraient été suffisantes. Mais les travaux d’agrandissement et de fortification de l’île qui continuent sans cesse sont très gourmands en cette ressource « rare ».

L’Académie de la marine chinoise se penche depuis plusieurs années sur la question d’utiliser l’eau de mer directement dans la construction, mais on n’a pas encore de nouvelles sur son application concrète pour le moment.

On apprend également dans les reportages télévisés qu’un plan pour accroître la capacité de dessalement à 2 800t par jour est actuellement en cours. Le chef lieu de préfecture Sansha prévoit de terminer les travaux d’agrandissement de l’usine de dessalement d’ici début 2017, et d’arrêter prochainement tout pompage de l’eau souterraine du récif corallien afin de préserver l’écologie sur l’île.

A part l’île Woody, toutes les petites îles de l’archipel de Paracels sont également équipées des modules de dessalement. Par exemple, sur l’île Yagong qui ne mesure que 0,01km², une station de dessalement d’une capacité journalier de 15t avec un réservoir de 5t fonctionne depuis 2014 –

Cette augmentation de capacité en production d’eau douce serait probablement le signe d’un renforcement du développement économique et de la présence militaire dans cette zone, où les Chinois ont déjà une position dominante.

Bien que ce soit moins sexy et moins médiatisés que le déploiement des armes de longue portée sur l’île, mais on peut remarquer que les Chinois redoublent les efforts depuis les cinq dernières années à améliorer leur capacités logistiques sur tous les îlots sous leur contrôle.

Il n’y a non seulement cette histoire pour produire plus d’eau douce, mais également pour l’énergie, c’est à dire l’électricité, et la communication. Ces sujets ont déjà été évoqués ici dans les deux précédents dossiers « La Chine assemble sa première centrale nucléaire flottante » et « Le réseau 4G chinois couvre les îles Spratleys« .

L’eau, l’électricité et la communication, ce sont finalement ces trois indicateurs qui permettent d’évaluer l’ambition de la Chine dans la région, c’est bien plus révélateur que la présence d’un ou deux systèmes d’arme…

L’affaire à suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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