Nouvel incident aérien sino-japonais en mer de Chine orientale : Part 1

Un nouvel incident sino-japonais est rendu publique par un article écrit par Kunio Oda, un ancien commandant de la JASDF (Japan Air Self-Defense Force), et paru sur Japan Business Press le 28 Juin dernier.

Kunio Oda écrit dans son texte que les avions de chasse chinois ont effectué des manœuvres offensives contre les appareils japonais au Sud de la mer de Chine orientale. Les pilotes japonais ont dû activer les systèmes d’auto-défense avant de quitter le théâtre.

L’auteur n’a pas précisé le lieu ni la date exacte de l’incident, mais il décrit ces manœuvres chinoises à la suite de l’intrusion d’un bâtiment de renseignement chinois dans les eux territoriales de l’île Kuchinoerabu, lorsque ce dernier poursuivait le porte-avions américain CVN-74 USS John C. Stennis, qui a traversé la mer de Chine méridionale pour rejoindre la flotte indienne et japonaise dans un exercice naval conjoint près d’Okinawa.

Il écrit également que c’est la première fois depuis la création de la JASDF que les chasseurs japonais entrent en dogfight sous des conditions réelles.

Les premiers détails par les Japonais…

Interrogé sur cet incident, le Ministère de la défense japonais confirme dans les grandes lignes de l’histoire mais refuse de donner le moindre détail, alors que Koichi Hagiuda, le directeur adjoint du secrétariat du Cabinet Abe, parle d’une interception qui a eu lieu le 17 Juin, sans confirmer les manœuvres offensives des Chinois.

L’ambassadeur chinois à Tokyo parle, quant à lui, d’une information sans fondement.

Deux jours après, la presse japonaise Sankei Shimbun a donné un peu plus de détails dans un article paru le 30 Juin.

On apprend par exemple qu’il existe un accord non-dit entre les deux pays selon lequel les avions militaires ne doivent pas frachir une certaine ligne « Latitude xx° ». Les appareils chinois font habituellement demi-tour devant cette ligne mais ils ne l’ont pas fait cette fois-ci. Les chasseurs japonais les ont poursuivi au-dessus des eaux internationales et ont tenté de se positionner derrière les Chinois pour tirer quelques balles traçantes en quise d’avertissement. C’est à ce moment là que les appareils chinois se sont retournés et se pointent face aux Japonais.

Pour éviter les malentendus, les Japonais décident de quitter les lieux, mais les Chinois continuent à les poursuivre jusqu’à ces derniers lancent des flares pour s’évader.

Dans la salle de réunion de la 4ème division de chasse de la marine chinoise, on peut apercevoir sur les photos accrochées au murs des avions d'autres pays prises par les pilotes chinois lors des interceptions : P-3C,EP-3E,RC-135,P-8,voir même le B-52H. Ceci démontre l'environnement particulièrement complexe autour de l'ADIZ chinoise.

Dans la salle de réunion de la 4ème division de chasse de la marine chinoise, on peut apercevoir sur les photos accrochées au murs des avions d’autres pays prises par les pilotes chinois lors des interceptions : P-3C,EP-3E,RC-135,P-8,voir même le B-52H. Ceci démontre l’environnement particulièrement complexe autour de l’ADIZ chinoise.

 

Les informations non officielles côté chinois…

On n’a probablement pas plus d’information côté japonais, mais mes certaines sources fiables chinoises ont laissé filtrer quelques éléments intéressants selon lesquels il y a eu non pas un seul mais deux incidents en mois de Juin.

Une fois avec les J-11B de l’armée de l’air chinois et une autre avec les Su-30MKK de la marine chinoises, les deux étaient face aux F-15J de la JASDF. L’incident que parle les articles japonais est avec les Su-30MKK.

Cette information est indirectement confirmée par le nombre d’apparition inhabituellement élevé de la 4ème division de chasse de la marine chinoise à la télévision nationale CCTV vers mi-Juin.

Les Su-30MKK de la 4ème division de chasse de la marine chinoise

Les Su-30MKK de la 4ème division de chasse de la marine chinoise

Les péripéties qui n’en finissent plus…

Sur le traversé d’un navire ELINT de Type 815A près de l’île Kuchinoerabu, le MoD chinois avait répondu dans une conférence de presse hebdomadaire que le détroit de Tokara est un passage international, et le bâtiment chinois a respecté le droit de la liberté de navigation (FON, Freedom of navigation) défini dans l’UNCLOS.

Visiblement l’effet de mode de ce mot « FON » semble être bien acquis dans cette région, au Nord comme au Sud.

La silence inhabituelle du Japon sur ces incidents, le verdict de la Cour d’arbitrage de La Haye qui sera rendu dans quelques jours, la fin de la première phase des travaux de remblaiement chinois dans la mer de Chine méridionale, les manoeuvres maritimes de l’US Navy qui s’intensifient, la position divisée au sein de l’ASEAN, la relation qui se détend entre la Chine et la Corée du Nord… Ce sont autant d’éléments à prendre en compte si on veut avoir une vision globale sur la situation actuelle dans l’Asie de l’Est.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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