Nouveaux détails sur le drone Wing Loong II

Des nouveaux détails sur le drone MALE armé chinois Wing Loong II ont été révélés dans un documentaire diffusé ce lundi sur la chaîne de télévision locale CCTV-2.

On apprend par exemple que les drones Wing Loong II ont déjà effectué « quelques centaines » d’heure de vol depuis son vol inaugural, qui a eu lieu le 27 Février 2017.

Selon LI Yi Dong, ingénieur en chef du programme Wing Loong à l’Institut 611 Chengdu du groupe AVIC, le moteur turboprop WJ-9A, dérivé du WJ-9 qui est utilisé sur l’avion de transport léger Y-12IV, n’a pas encore connu de gros défaut en vol jusqu’à présent.

Il s’agit d’un progrès en soi car la première version de la famille de drones Wing Loong, Wing Loong I, était obligé d’équiper un moteur à pistons étranger, le Rotax 914 de la société autrichienne BRP-Powertrain.

Capable d’armer jusqu’à 16 missiles en tout genre d’une masse totale ne dépassant pas les 480 kg, sur les 4 200 kg de MTOW, on ignore encore si le Wing Loong II a déjà mené des campagnes de tirs en vol. Mais d’après le reportage, les différents Wing Loong qui sont actuellement en service actif dans plusieurs forces aériennes du monde, y compris l’armée de l’air chinoise, ont déjà tiré « près de 1 000 missiles », avec un taux de réussite de « plus de 90% ».

Si ces chiffres paraissent séduisants commercialement parlant, LI Yi Dong lui-même préfère mettre en avant l’automatisme de ses drones, tout en admettant que les industriels chinois sont toujours en train de chercher la frontière entre l’intervention de l’homme et la décision autonome de la machine.

Et il a aussi parlé pour la première fois du contrôle et de la communication par satellite de Wing Loong, qui permet d’étendre le rayon de contrôle à plusieurs milliers de kilomètre, contre 200 auparavant en mode LOS.

L’ingénieur en chef de Chengdu confirme donc l’utilisation des satellites de communication chinois en orbite géostationnaire, situés à 35 786 km du sol au dessus de l’équateur, pour servir comme relais de transfert des données avec les stations sol.

Pour pallier au problème d’une latence de « quelques secondes » entre deux terminaux (drone et station), les équipes chinoises ont dû créer une sorte de compensateur temporaire pour combler ce laps de temps, crucial pour les missions de frappe de précision ou de reconnaissance qui sont très sensibles à la notion du temps.

Les images de l’écran de contrôle semblent suggérer aussi que le Wing Loong II est doté de systèmes LINS (Laser Inertial Navigation System = Gyromètre laser) et de dGPS (differential GPS) pour la navigation.

Il n’y a pas encore d’indication claire pour savoir si le récepteur Beidou sera intégré aux engins qui seront livrés à l’export, comme à l’Arabie Saoudite par exemple.

Pour finir, en plus d’un premier Wing Loong II entièrement assemblé chez un sous-traitant d’AVIC (voir notre dossier « 1er drone militaire Wing Loong II assemblé par une entreprise privée« ), plus de 60% de composants sur le drone proviennent des acteurs privés en Chine, cela montre qu’il y ait une réelle volonté de Chengdu à étendre sa chaîne d’approvisionnement, et bâtir un écosystème complète et autonome autour des drones Wing Loong, en s’appuyant sur des processus industriels de plus en plus matures.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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