La marine chinoise déploie 4 avions ASW KQ-200 en mer de Chine méridionale

Après les quatre premiers appareils de la flotte du Nord en 2016, la marine chinoise vient de déployer cette année quatre autres avions de lutte anti-sous-marine KQ-200 dans la base aérienne Lingshui dans le sud, sur l’île de Haïnan qui borde la mer de Chine méridionale.

Les photos satellites en date du 10 Mai révèlent également que les quatre KQ-200 déployés ici sont accompagnés par deux AWACS KJ-500H de dernière génération, montrant ainsi une montée en puissance progressive des moyens aériens et navals de l’armée chinoise dans la région.

Et ces appareils ASW ne font pas que stationner au sol mais commencent à s’intégrer aux autres unités de la marine chinoise. En effet, un reportage télévisé diffusé le 20 Juin sur CCTV nous apprend que la flotte du Sud a mené récemment un exercice de lutte anti-sous-marine conjointe, impliquant non seulement les bâtiments de surface mais aussi des sous-marins diesel d’attaque et au moins un KQ-200.

Cette intégration des moyens aériens et navals permettra, à terme, d’accroître de façon efficace et significative la capacité anti-sous-marine de la Chine, rentrant l’accès « discret » des sous-marins étrangers dans cette zone maritime, très propice aux activités sous l’eau de par les conditions géographiques, bien plus difficile qu’aujourd’hui.

KQ-200

Les bouées acoustiques SQ-4 et SQ-5 développées par AVIC

L’accès à l’ouest de l’océan Pacifique pour les sous-marins lanceurs d’engins chinois sera par la même occasion mieux protégé contre les sous-marins nucléaires d’attaque américains, ou les grands sous-marins conventionnels japonais, et permettra donc de préserver les capacités de dissuasion nucléaire navale du pays.

Modifié à partir d’une plateforme Y-8 Catégorie III comme pour la plupart des avions de missions spéciales chinois, le KQ-200 dispose d’une autonomie d’environ 5 000 km, soit 10 heures de patrouille en vol.

L’avion est équipé d’un grand radar de recherche de surface sous la pointe avant et une tourelle optronique sous le ventre, et il est caractérisé physiquement par la longue queue dans laquelle héberge le détecteur d’anomalie magnétique.

Sous la cellule se trouve quatre ouvertures pour larguer des bouées acoustiques, et une soute d’armements ventrale qui peut emporter soit des grenades anti sous-marines ou des torpilles. On parle d’une capacité de porter aussi quatre missiles anti-navires de type YJ-83K sous la voilure mais cela n’a pas encore été confirmée par les photos.

En Septembre 2016, une source proche du dossier indique que Shaanxi Aircraft Corporation (SAC), filiale du groupe aéronautique AVIC et responsable de la construction de KQ-200, a reçu des nouvelles commandes valant plusieurs dizaines de milliard de yuan (plus de 400 millions € minimum), mais la capacité de production de l’avionneur chinois serait en goulot d’étranglement.

Cette information expliquerait alors pourquoi SAC a démarré la phase d’essai d’une nouvelle chaîne d’assemblage final en « Pulse line », inaugurée en Décembre 2016, qui devrait permettre d’augmenter de manière importante la cadence de production.

On ignore pour le moment à qui est-elle dédiée cette ligne pulsée, mais entre l’avion de transport moyen Y-9 et l’avion de patrouille maritime KQ-200, et étant donné la situation géopolitique et le contexte actuel, le choix semble être trivial.

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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