La marine chinoise démarre les essais de catapultage

Les images satellites datant du 17 Octobre montrent que l’installation des deux pistes d’essai de catapultage, qui se trouvent au centre de formation des pilotes aéronavals de Xincheng, est terminée récemment.

On peut voir qu’un avion de chasse embarqué J-15 se trouvait au bout de l’une des deux pistes, et semblait être prêt pour effectuer les premiers essais sur les catapultes. Il s’agit d’une version spécifique de J-15 conçue pour décoller à l’aide d’une catapulte et non d’un tremplin (voir notre dossier « Le J-15 catapultable pour CATOBAR est en vol« ).

Deux pistes de catapultage au centre de formation de Xincheng

Deux pistes de catapultage au centre de formation de Xincheng

Selon les sources locales, l’une des catapultes est de type EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System), le catapultage de l’avion est fait à l’aide d’un moteur linéaire à induction, tandis que l’autre est une catapulte classique à vapeur.

Un premier essai de catapultage de J-15 avec l’EMALS aurait eu lieu avec succès début Novembre. Ce projet chinois de catapulte électromagnétique est lancé en 2011, et le développement est mené par un institut de recherche cofondé par l’Université d’ingénierie de la marine et le groupe DAQO, une société chinoise spécialisée dans l’énergie électrique et le transport sur rail.

Le projet de catapulte à vapeur, quant à lui, est lancé beaucoup plus tôt. Le premier essai de catapultage au sol, avec une maquette d’avion, est réalisé avec succès en 2010 dans un centre de développement de l’Institut 704, filiale du groupe naval chinois CSIC, qui est responsable de son développement.

Le site de développement de la catapulte à vapeur, l'Institut 704, Shanghai

La base d’essai de catapulte à vapeur, l’Institut 704, Shanghai

La construction du 3ème porte-avions chinois est en cours de préparation au chantier naval Jiangnan Changxing à Shanghai. Contrairement aux deux premiers porte-avions du pays, dont le deuxième est actuellement en construction à Dalian, ce nouveau porte-avions aura à priori trois pistes de catapultage, donc un CATOBAR, avec une propulsion qui reste conventionnelle. La date de sa livraison à la marine chinoise devrait se situer aux alentours de 2022, selon notre estimation.

Le mode opératoire sur le pont d’un CATOBAR étant très différent de celui d’un STOBAR à tremplin, la marine chinoise semble vouloir anticiper au plus tôt les préparations associées, allant de la validation des matériels à la formation des pilotes, en passant par l’écriture des différents manuels et procédures.

Le début de ces essais aux mains de la marine chinoise montre aussi que le développement des deux types de catapulte commence à quitter les « laboratoires » et entre dans un état très avancé.

A noter que, la Chine devient ainsi le troisième pays au monde d’être capable de concevoir et de fabriquer ses propres catapultes pour porte-avions. Si la difficulté de catapulte à vapeur réside surtout dans la fabrication des ses composants, la conception de la catapulte électromagnétique témoigne le progrès fait par les Chinois dans de nombreux domaines, comme le domaine électrique (moteur électrique, le stockage et la conversion) et les matériaux.

L’affaire à suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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