la marine chinoise choisit le JL-9G comme avion embarqué ?

Dans un nouveau communiqué du GAIC paru le 29 Novembre, on apprend que l’avionneur chinois continue à travailler sur la version embarquée de son avion d’entraînement supersonique JL-9, connu à priori sous le nom du JL-9G.

Le directeur général de GAIC, WANG Wen Fei (王文飞), a prononcé un discours le 26 Novembre devant près de 300 cadres supérieurs de l’entreprise, dans lequel il indique que « le JL-9 va sur les porte-avions » fait partie de l’une des six opportunités stratégiques du GAIC dans le plan de développement 2017.

On ignore pour le moment si cela veut dire que la marine chinoise a enfin confirmé le choix en prenant le JL-9G comme son premier avion d’entraînement embarqué, ou WANG veut simplement « transformer l’essai » en 2017 après plusieurs années de développement du programme, sachant que le HAIG (Hongdu Aviation Industry Group), qui est aussi une filiale du groupe AVIC, se serait positionné pour proposer un autre candidat basant sur le JL-10, plus connu sous son nom d’export L-15.

Quoiqu’il en soit, le JL-9G semble être déjà parti avec une avance considérable, car au moins l’un des prototypes, immatriculé 423, a déjà été photographié en vol avec une crosse d’appontage (bien qu’il a été prouvé par la suite que la cellule actuelle de JL-9G n’est pas adaptée au freinage avec un brin d’arrêt et une revue complète de celle-ci est donc nécessaire), d’ici s’ajoute des vidéos montrant un autre prototype décollait sur un tremplin installé au sol.

La fait que tous les composants clés du JL-9G, notamment le moteur WP-13F puis le WS-13E, sont chinois lui donnent également un avantage non négligeable – le JL-10 dépend aujourd’hui des moteurs ukrainiens et cette situation déplaît à l’armée chinoise, même si le moteur indigène WS-17, développé surtout pour cet avion d’entraînement biréacteur, est déjà en état des essais en vol.

Certains s’interrogent aussi sur le niveau de sécurité du JL-9G comme avion embarqué, étant donné que c’est un avion mono-réacteur, et qu’il est dérivé de J-7 qui a une vitesse d’atterrissage élevée.

Or l’aspect mono-réacteur ne semble pas être un problème particulier pour l’US Navy, par exemple. Le T-45 Goshawk est aussi un appareil mono-réacteur, et, grâce à plusieurs optimisations aérodynamiques, la vitesse d’atterrissage de JL-9G est réduite à 210 km/h, bien inférieure aux 260 km/h de JL-9, 230 km/h de Su-33 ou encore 250 km/h de MiG-29KR par exemple.

Et d’après mon analyse fait il y a quelques mois, si la marine chinoise ne trouve pas de solution dès maintenant pour accroître ses moyens de formation, il va y manquer de pilotes aéronavals qualifiés dès la réception de leur deuxième porte-avions vers 2019. Le fossé va se creuser davantage à ce rythme avec l’arrivée du 3ème porte-avions après 2023 si rien n’est fait d’ici là.

Estimation du nombre de pilotes aéronavals formés (Source : East Pendulum, le 22 Août 2016)

Estimation du nombre de pilotes aéronavals formés (Source : East Pendulum, le 22 Août 2016)

Le JL-9G constitue donc une solution viable à court terme, pour que les campagnes de formation des pilotes embarqués chinois soient plus économiques et puissent surtout être lancés à plus grande échelle. Les J-15 pourraient alors être libérés de leur rôle d’entraînement d’aujourd’hui et consacrés aux missions plus « opérationnelles ».

C’est donc pour toutes ces raisons qu’il n’est pas surprenant que le directeur général de GAIC appelle ceci une « opportunité stratégique » pour son entité. On saura rapidement dans quelques mois si une nouvelle version de JL-9G, avec la cellule et le train renforcés, est disponible pour un réel appontage sur le porte-avions Liaoning.

L’affaire à suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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