Le Y-20 va se doter d’un moteur chinois d’ici 2018 au plus tôt

L’avion de transport militaire chinois Y-20 va bientôt se doter d’un moteur indigène, le fait savoir son ingénieur en chef le vendredi 10 Mars. TANG Zhang Hong (唐长红), également membre de la Conférence consultative politique, assiste actuellement à la 5ème session du 12ème Assemblée national populaire à Pékin et a révélé plusieurs détails sur le programme Y-20 lors d’un interview avec le média local.

Y-20

TANG, ingénieur en chef du programme Y-20.

« Le Y-20 est toujours en phase d’essai opérationnel », indique TANG aux journalistes de Huaxi City Daily, « les premiers retours opérationnels montrent que les clients sont très satisfaits. »

Deux premiers Y-20, immatriculé 11051 et 11052, ont été livrés à l’armée de l’air chinoise le 15 Juin 2016 et ont été admis au service actif quelques semaines après au sein de la 4ème division de transport, basée à Qionglai dans la province de Sichuan.

C’est la première fois que l’armée de l’air chinoise possède un avion de transport de 200 tonnes conçu localement, avec comme seul « regret » que l’avion soit encore équipé de moteur D-30KP-2 d’origine russe, faute de l’équivalent chinois.

L’ingénieur en chef de Y-20 précise pour cela le calendrier de la dotation de motorisation chinoise : « Vous verrez des Y-20 équipés de moteur chinois l’année prochaine (2018) ou l’année d’après. » Sans pour autant indiquer le modèle exact de ceci.

Y-20

Un Y-20, équipé de quatre moteurs russes, était en vol de démonstration au dernier Salon aéronautique de Zhuhai.

Deux moteurs chinois en cours de développement peuvent cependant correspondre à la prochaine propulsion de Y-20. Le premier étant le WS-18, une version sinisée de D-30KP-2, qui adopte donc une performance similaire à 12 000 kgf de poussée. Ce moteur qui pourrait à terme remplacer son homologue russe sur le bombardier H-6K, par exemple, a été livré en Septembre 2014, mais son dernier statut n’est pas rendu publique.

Le deuxième moteur chinois est celui visé depuis le départ par le programme Y-20, à savoir le WS-20. Il s’agit d’un turbofan à fort taux de dilution avec une poussée estimée entre 13 200 et 16 300 kgf, dont le développement serait basé sur le core-engine de WS-10.

Il est à noter que selon les sources chinoises, le WS-20 vient d’être démonté du banc d’essais volant 760 de CFTE (China Flight Test Establishment), après une longue campagne de tests démarré en Novembre 2012. Il devrait donc continuer ses essais en vol sur un nouveau prototype de Y-20.

En terme de délai, le WS-20 semble correspondre davantage à une entrée en service vers 2018 ou 2019, date indiquée par l’ingénieur en chef TANG. On sait également que Xi’an Aero-Engine Corporation, qui se charge de la production en série du moteur, étudie depuis 2015 la mise en place d’une chaîne d’assemble de type Pulse Line avec l’aide de l’Université polytechnique du Nord-Ouest.

On devrait attendre toutefois les éléments institutionnels, ou des photos de spotteur, pour savoir lequel des deux moteurs chinois va équiper le Y-20 en premier.

A suivre.

Henri K.

 

Annexe : Nos articles sur le programme Y-20 peuvent être consultés ici.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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