Le Turkménistan se dote du radar passif chinois DWL002

Le Turkménistan, autrefois république socialiste soviétique et pays de l’Asie centrale, continue de s’appuyer sur les matériels chinois pour moderniser sa défense. Le dernier en date est le système du radar passif DWL002 destiné à renforcer certaines capacités en défense anti-aérienne du pays.

Conçu par Southwest China Research Institute of Electronic Equipment (SWIEE), aussi connu sous le nom de l’Institut 29 du groupe électronique chinois CETC, le DWL002 n’émet aucune onde et fonctionne en captant et analysant les ondes civiles à basse fréquence, principalement des émissions TV et radio, pour détecter des sources de radiation aériennes, navales ou terrestres, d’où son nom de « radar passif ».

Le système comprend principalement une station principale et deux stations secondaires montées sur véhicule et déployés à distance les unes des autres. La localisation des cibles passe essentiellement par la technique basée sur la différence de temps d’arrivée (TDOA) à longue base.

Si le client souhaite disposer également les données sur l’altitude des cibles, une quatrième station pourrait alors être intégrée.

Radar passif

Maquette du système de radar passif DWL002

Compte tenu des fréquences exploitées (UHF et VHF), beaucoup d’observateurs associent ce genre de radar passif à la détection des objets volants VLO (Very Low Observable), autrement dit « furtifs ». Mais son usage ne se limite pas uniquement à cela.

Historiquement, le développement de ce type de moyens de détection complémentaire en Chine remonte vers la fin de guerre du Golfe pour répondre aux besoins opérationnels de l’armée chinoise dans la nouvelle terminologie tactique « Trois cibles à frapper et trois catégories de défense » (三打三防) de l’époque, à savoir :

  • Frapper des avions furtifs
  • Frapper des missiles de croisière
  • Frapper des hélicoptères de combat
  • Défendre contre des frappes de précision
  • Défendre contre des brouillages électroniques
  • Défendre contre la reconnaissance et la surveillance

Il est donc intéressant de voir que le Turkménistan – qui s’est déjà procuré de nombreux équipements anti-aériens chinois tels que le radar YLC-18 pour la surveillance 3D en basse altitude, le radar YLC-2V pour l’acquisition 3D de haute altitude, ainsi que trois différents types de missile Sol-Air de courte à longue portée, FM-90, KS-1A et FD-2000 – a manifesté les besoins de doter un tel système de détection sur leur territoire alors qu’il n’a, à priori, aucune prétention militaire et territoriale vis-à-vis de ses voisins.

Quoiqu’il en soit, selon l’article paru hier sur le site du SWIEE, la livraison de radar passif DWL002 au Turkménistan a commencé depuis l’an dernier. Une équipe de validation a été envoyé sur place, en fin Septembre cette année, pour vérifier l’ensemble des sites d’installation du système.

Radar passif

Une équipe de l’Institut SWIEE a été envoyé au Turkménistan pour la livraison du radar passif DWL002 (Photo : SWIEE)

On notera également cette volonté de vouloir tisser des liens plus serrés en matière de la défense et la sécurité entre les deux pays, manifestée par la dotation croissante des armements chinois, qui permet de révéler, en partie, la stratégie de la Chine sur cette région « tampon » potentiellement sensible d’un point de vue géopolitique.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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