Le laser anti-drone « Silent Hunter »

Quand les drones grand public fabriqués en Chine monopolisent aujourd’hui le marché mondial avec 75% de part du marché, le pays souffle lui-même une montée en puissance des problèmes liés aux drones clandestins. Le groupe chinois Poly a proposé alors une solution un peu radicale – son nouveau système laser anti-drone « Silent Hunter » – lors du dernier salon IDEX 2017 qui a eu lieu en mi-Février à Abu Dhabi.

D’après la présentation, le laser « Silent Hunter », aussi appelé LASS, permet d’identifier, traquer puis détruire les drones mesurant moins de 2 mètres de diamètre, et qui volent à moins 60 mètres par seconde jusqu’à 4 000 mètres d’altitude.

Le système est capable de réguler sa puissance – 5 kW, 10 kW, 20 kW et 30kW – et tirer en fonction de la taille et la portée des cibles. Selon les personnels de Poly, le laser peut « percer » 5 plaques d’acier d’une épaisseur de 2 mm chacun à une distance de 800 mètres, ou une plaque de 5 mm à 1 000 mètres. L’arme peut réengager une nouvelle cible toutes les 6 secondes.

Une version plus puissante est actuellement en développement contre des nouveaux types de cible comme l’obus de mortier ou les roquettes.

Le « Silent Hunter » peut être monté sur un camion 6×6 « tout en un », qui intègre tous les blocs fonctionnels comme l’alimentation, la communication et le commandement, ainsi que la détection et la conduite de tir. Il existe également une version fixe qui est composé des modules de moins de 200 kg chacun, pour faciliter le transport et aussi l’installation sur les immeubles.

Compte tenu de sa taille relativement grande, Poly précise que le système ne peut pas être embarqué sur un avion. Malgré cela, le « Silent Hunter » aurait néanmoins deux avantages – il s’agit d’une solution « bon marché » avec un coût par tir aux alentours de 6 dollars US, et il n’y aurait que très peu de dégât collatéral. Le système a déjà été déployé pour protéger les sites de sommet du G20 2016 qui a eu lieu à Hangzhou en Chine, et plusieurs pays semblent déjà être intéressés par ce produit.

On remarquera d’ailleurs qu’il y a une différence entre la partie d’arme de « Silent Hunter » exposé à IDEX 2017 et la maquette à échelle réduite – sur cette dernière on peut voir que le système est également doté d’un radar à balayage électronique sur mât, en plus de la suite optronique déjà présente.

Sachant que le groupe Poly ne dispose aucun bureau d’étude ni d’entité de production – car il s’agit d’une société de type « trading » qui a été créée pour gérer une partie de l’import-export des armements en Chine – on ignore pour le moment qui est le vrai constructeur du « Silent Hunter ».

Mais la dimension du système et la performance annoncée laissent penser au système « Garde basse altitude II » (低空卫士 II), qui est conçu par une filiale du CAEP (China Academy of Engineering Physics), l’unique bureau d’études chinois des armes nucléaires, et qui est également monté sur un camion.

A noter que les entreprises chinoises proposent aujourd’hui d’autres solution anti-drone plus « douces », qui consiste pour la plupart de brouiller la communication Air-Sol entre le drone et son propriétaire, obligeant ainsi le drone à se poser ou s’écraser. Nous en avons évoqué quelques unes il y a un mois dans le dossier « La Chine multiplie les moyens pour lutter contre les drones clandestins« .

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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