Le drone HALE TYW-1 de l’Université Beihang fait son roll-out

Le secteur des drones complexes continue à se banaliser en Chine, et pour preuve, les grands industriels ne sont plus les seuls à être capable de concevoir, fabriquer, tester et même commercialiser ce genre de produits de plus haute gamme et on voit émerger de plus en plus des universités chinoises qui s’attaquent aussi à ce marché. La dernière en date est l’Université Beihang, également appelée Université d’aéronautique et d’astronautique de Pékin ou BUAA, qui a dévoilé aujourd’hui son nouveau drone TYW-1 « Tian Ying » (天鹰 en chinois, Sky Hawk), sorti fraîchement de la chaîne d’assemblage.

Ce drone dit Haute Altitude Longue Endurance (HALE) mesure 9,85 mètres de long et pèse 1 500 kg au décollage. Sa grande envergure de 18 mètres, une cellule légère réalisée en fibre de carbone et le moteur à piston économe lui procurent une assez bonne autonomie, à savoir 40 heures en vol à une vitesse de croisière de 150 km/h.

Le drone est aussi capable d’emporter 370 kg de charges utiles et voler jusqu’à 7 500 mètres d’altitude.

Selon un responsable de la société Beihang Zhang Ying (北航长鹰航空科技), une filiale créée par Beihang fin Août à Taizhou pour la production et la commercialisation des drones d’aviation générale et militaires, dont le « Tian Ying », ce dernier sera utilisé principalement dans les missions de reconnaissance terrestre ou maritime. Pour cela il est équipé d’une boule optronique de sept voies, « capable d’identifier les numéros sur une plaque d’immatriculation volant à 3 000 mètres d’altitude et sur une distance de 50 km ».

On remarque d’ailleurs la présence de quatre pylônes apparentes sous la voilure, suggérant ainsi que le drone pourrait aussi être armé , mais cela reste à confirmer. Le drone n’est visiblement pas équipé en antenne SATCOM, du moins pas pour le moment, en revanche il semble doter d’une antenne Air-Sol en bande C sous le fuselage pour la liaison Line-Of-Sight (LOS).

En terme de capacité de production, Beihang Zhang Ying prévoit de produire annuellement, d’ici 2019, cent drones de grande et de petite taille, et cent de taille moyenne. Le chiffre d’affaire en prévision atteindrait au moins les 2 milliards de yuan, soit environ 258 millions d’euro au taux de change actuel.

Il est à noter que le drone « Tian Ying » a été conçu et assemblé en seulement 14 mois, à compter de Septembre 2016, c’est le même phénomène observé qu’un autre drone HALE chinois, TB001 « Scorpion à double queue », développé également par une université chinoise. Mais cette fois-ci le très court cycle pourrait venir d’une raison toute autre.

En effet, les caractéristiques et la configuration aérodynamique de « Tian Ying » se rapprochent de celles d’un autre drone conçu par Beihang, le fameux BZK-005, qui effectue aujourd’hui des missions de reconnaissance stratégiques pour l’armée de l’air et la marine chinoise (voir notre dossier « La flotte de l’Est révèle son régiment de drones »). On voit d’ailleurs les deux drones filmés ensemble dans le reportage d’une chaîne de télévision locale.

Il est donc plus que plausible que le « Tian Ying » soit une version modernisée et exportable du drone BZK-005, puisqu’il est question de proposer ce drone sur le marché international, si l’on croit au même reportage télévisé.

Henri K.

Post Tags
Written by

Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

No comments

LEAVE A COMMENT