Largage de drone par un ballon en stratosphère

Le mois dernier, les scientifiques de l’Académie chinoise des Sciences (CAS) ont largué plusieurs de leur drone en stratosphère durant le vol inaugural d’un ballon en surpression.

L’essai, mené par les équipes de l’Institut Optronique (AOE) de la CAS, a eu lieu le 10 Septembre en bannière de Siziwang, dans la région autonome de Mongolie-Intérieure en Chine. Le ballon en surpression est conçu pour voler en sustentation à 25 km d’altitude, avec une charge utile de 150 kg, grâce à ses 7 000 m³ de gaz emmagasinés dans une enveloppe de forme d’une « citrouille ».

Selon le communiqué officiel de l’AOE, ce premier vol de huit heures a permis aux équipes de valider la conception et la fabrication du ballon, ainsi que les technologies liées à la gestion énergétique, la commande de vol, le contrôle à longue distance et la récupération.

La variation d’altitude de l’engin tout au long du vol est limitée à quelques dizaines de mètre, montrant les bonnes caractéristiques de ce type de ballon en surpression à résister à la pression.

Le texte de l’institut chinois mentionne également les tests de contrôle thermique, de l’élevage agricole et des panneaux solaires spécifiques, ainsi que le largage de drone à haute altitude, mais aucun détail n’a été fourni.

C’est le South China Morning Post (SCMP), un journal quotidien de langue anglaise publié à Hong Kong, qui a donné plus d’éléments sur cette expérimentation avec le drone dans un article paru ce mardi, selon lequel le premier drone a été libéré à 25 km d’altitude, et le deuxième vers 9 km du sol.

Chacun de ces drones, de la taille d’une chauve-souris, a été accéléré par une catapulte électromagnétique à 100 km/h et éjecté sur une rampe de moins d’un mètre de long.

« Ils sont partis comme une balle », indique YANG Yan Chu, scientifique en chef du programme chez AOE.

Les drones ont ensuite plané sur une centaine de kilomètre dans un vol en pleine autonomie, durant lequel les données récoltées par les capteurs à bord ont été retransmises au sol.

« L’objectif de nos recherches est de pouvoir larguer plusieurs centaines de drone en une fois, comme un essaim d’abeilles », souligne YANG dans son interview accordé au SCMP.

Chaque drone, non motorisé, est assez petit pour être mis dans une « boîte à chaussures » et pèse moins de 500 grammes, comme « un ballon de foot ». Le fuselage est fait en composite dans lequel se trouve un dispositif de cartographie de terrain et des capteurs de signaux électromagnétiques, mais le drone n’est pas équipé de caméra.

L’ensemble de développement, le ballon en surpression et le drone stratosphérique, fait partie d’un projet pilote stratégique appelé « Systèmes d’expérimentation scientifique au proche espace » (临近空间科学试验系统).

On ignore encore si ce projet de la CAS possède une quelconque connotation militaire, mais les caractéristiques actuelles du ballon et du drone paraissent peu exploitables dans un conflit de théâtre de type expéditionnaire, et semblent être plus appropriées pour une défense frontalière.

Quoiqu’il en soit, si les éléments relayés par le SCMP sont corrects, ils sont à considérer tout de même, dans un premier temps, plus comme une recherche fondamentale, au même titre que l’essai récent d’un essaim de 119 drones à voilure fixe réalisé par le groupe chinois CETC.

A suivre.

Henri K.

Post Tags
Written by

<p>Et si la vision du monde est « biphasée » ? C’est ce que Henri a toujours cru, c’est également comme cela qu’il voit la Chine.</p> <p>Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l’Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.</p>

No comments

LEAVE A COMMENT