l’Arabie Saoudite se dote des drones armées chinois CH-4 ?

Le 23 Janvier 2017, l’école de pilotage King Faisal Air Academy de la Force aérienne royale saoudienne (RSAF) a célébré son 50ème anniversaire, et a tenu deux jours après une cérémonie de remise des diplômes aux jeunes pilotes de la 91ème promotion. Selon le compte Twitter d’un invité, le drone MALE armé Wing Loong du groupe AVIC que l’Arabie Saoudite a acquis auprès de la Chine en 2014 serait présent, mais les photos associées au message montrent qu’il s’agit en réalité un tout autre drone armé chinois, le CH-4 du groupe aérospatial CASC.

Cette présentation est à la fois surprenante et inattendue, car cela revient à dire que le royaume de Riyad est équipé en même temps de deux modèles de drone armé chinois, de deux constructeurs différents, alors qu’ils ont des performances techniques très proches. Sachant que les tests de Wing Loong II, un modèle deux fois plus grand de Wing Loong, avaient été conduits par les pilotes de la RSAF en Chine l’an dernier, on ignore si cet achat viendra substituer ce dernier.

Bien qu’il y a eu un crash de Wing Loong saoudien lors d’une intervention au Yémen fin Septembre dernier (voir notre dossier « Un drone Wing Loong écrasé au Yémen »), mais il semblerait que la RSAF était plutôt satisfait du drone et au vu du délai très court entre le crash et cette présentation à King Faisal Air Academy, l’incident n’est pas la cause de cette acquisition qui aurait été préparée il y a plus d’un an au minimum.

Si ce CH-4 appartient réellement à la RSAF, il appartiendrait à un nouvel escadron n°20 selon l’immatriculation 20301 qu’on peut lire sur les deux photos dans Twitter.

On remarque toutefois une différence notable entre ce CH-4 supposé saoudien et la version en service au sein de l’armée irakienne – la forme de la partie supérieure de la pointe avant du CH-4 saoudien suggère qu’il est équipé d’une antenne de communication par satellite, alors que les CH-4 irakiens se contentent de liaison par radio LOS.

C’est probablement ce dernier point qui constitue un avantage majeur de CH-4 par rapport au Wing Loong. Son constructeur, le groupe chinois CASC, étant également le plus grand fabricant des fusées et des satellites en Chine, pourrait fournir les canaux de liaison satellite plus facilement aux Saoudiens que le groupe AVIC, fabricant de Wing Loong (en supposant que ce dernier en est dépourvu).

Il est à noter que ce CH-4 saoudien ressemble beaucoup à celui que le CASC a testé en Mai 2016, dont l’objectif était de vérifier le contrôle du drone à plus de 1 000 km.

Le CH-4 en test le 31 Mai 2016 pour vérifier le contrôle à plus de 1 000 km de distance.

La version armée du CH-4 pèse 1 330 kg. Il peut emporter jusqu’à 345 kg de munitions pour une autonomie de 30 heures en vol.

En 2016, au moins 6 délégations étrangères ont assistés en Chine des démonstrations de vol et de frappe Air-Sol de Ch-4, nous en avons parlé dans le dossier « 4 pays assistent aux démonstrations du drone CH-4 » et « 2 nouveaux pays viennent à la rencontre du drone CH-4 » en mois d’Août. L’une entre elles pourrait donc s’agir de la RSAF.

En attendant les éléments complémentaires pour connaître le détail de ce nouveau contrat saoudien, on peut constater dorénavant une prolifération des drones MALE armés chinois en Moyen-Orient. En effet, la famille Wing Loong de CASC est entrée en service en Arabie Saoudite, aux Émirats arabes unis et en Egypte, alors que le CH-4 et ses variantes sont dans les rangs de l’Arabie Saoudite, de la Jordanie et de l’Iraq.

Cette situation est arrivée, d’une part, par l’émergence de besoins dans la lutte anti-terroriste de la région, et d’autre part par l’hésitation des Etats Unis sur la vente de ses drones, et aussi la manque d’offres en Europe ou en Russie. Ce vide laissé par les acteurs historiquement très présents au marché d’armements local profite aux industriels chinois, qui ont multiplié les efforts de développement et aussi les offres dans les dix dernières années.

Pays qui utilisent les drones MALE armés chinois

Liste non-exhaustive des pays utilisateurs de drones chinois

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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