Le moteur du lanceur Kuaizhou-11 testé avec succès

Selon un article paru sur le Weixin du groupe CASIC, le nouveau lanceur Kuaizhou-11 (KZ-11, 快舟十一号) a testé avec succès ce jeudi le moteur à propergol solide de son premier étage.

Le texte indique qu’il s’agit du plus grand moteur à poudre chinois avec une coque en fibre de carbone, qui mesure 9,7m de longue et 2,2m de diamètre. Ce moteur développe une poussée de 1 765kN et contient 45t de propergol.

Initialement conçu pour répondre aux besoins du programme militaire chinois « Engin spatial d’urgence » (应急空间飞行器), qui vise à établir une capacité d’accès rapide à l’orbite en temps de guerre comme le programme américain OBS, les versions civile de Kuaizhou vont maintenant venir concurrencer deux autres petites fusées chinoise, la Longue Marche 6 et la Longue Marche 11, du groupe CASC, dans le segment des lancements de petits satellites.

La famille Kuaizhou comprend au moins 4 variants aujourd’hui – la version militaire KZ-1 d’un diamètre de 1,4m est capable de placer 430kg en orbite SSO de 500km. Le KZ-1A, ou connu aussi sous le nom FT-1, est la version civile de KZ-1 et sa capacité d’emport est de 250kg à SSO 500km, ou 200kg à SSO 700km.

La coque en fibre de carbone du premier étage de KZ-11 (Source : China Space News)

La coque en fibre de carbone du premier étage de KZ-11 (Source : China Space News)

Le KZ-11 dont le premier étage est testé il y a deux jours a un diamètre plus grand, et donc une capacité plus conséquente – 1 000kg en orbite SSO de 700km. Cette fusée d’une masse au décollage de 78t est en train de préparer son vol inaugural qui aura lieu en 2017.

La 4ème et dernière version connue est le KZ-21 qui est actuellement en développement. On connaît encore peu sur ce nouveau lanceur d’un diamètre de 3m, mais le groupe CASIC dit qu’il devrait être disponible sur le marché d’ici 2025.

A cause d’un cahier de charge initial qui représente de nombreuses contraintes (militaires), Ces lanceurs Kuaizhou ont tous les mêmes points communs, à savoir –

  • un temps de préparation de tir très court (moins de 24h),
  • une faible dépendance aux installations au sol,
  • un prix relativement bas pour la mise en orbite, de l’ordre de 10 000 à 20 000 USD par kg,
  • un lancement qui s’effectue depuis une plateforme mobile

Pour ce dernier point par exemple, le KZ-1 qui a déjà réalisé ses deux premiers vols en 2013 et 2014 se lance depuis un TEL (Tracteur-Erecteur-Lanceur) comme un missile balistique, le KZ-1A (FT-1) depuis un « camion », et le KZ-11 depuis une grande remorque, comme on peut le voir en bas :

A noter qu’il est intéressant de suivre le développement de ces lanceurs Kuaizhou, non seulement pour cette capacité d’accès à l’espace très réactive et rapide, mais aussi parce qu’ils partagent la même racine technologique avec les missiles anti-satellites chinois Dong Neng, comme on en a déjà parlé dans le dossier « L’armée chinoise reçoit les nouveaux missiles ASAT ?« .

L’affaire à suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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