Lancement réussi du 1er satellite de communication algérien Alcomsat-1

Prévu initialement en 2014, le premier satellite de communication algérien, Alcomsat-1, a enfin été mis en orbite par une fusée chinoise, hier, au centre spatial de Xichang (XSLC). Le lanceur Longue Marche CZ-3B, décollé dans la nuit vers 16h40 UTC, a libéré son passager sur une orbite de transfert géostationnaire de 200 km × 41 991 km × 26,4°, au terme d’un vol qui a duré 26 minutes.

Selon le communiqué de l’agence de presse Xinhua, l’Alcomsat-1 sera principalement utilisé dans les domaines de la radiodiffusion, la télévision, les télécommunications d’urgence, l’enseignement à distance, l’administration numérique, les communications d’entreprise, l’accès à l’internet et aussi le système de navigation renforcée par satellite en Algérie.

 

Le lancement

Conçu par China Academy of Launch Vehicle Technology (CALT), filiale du groupe d’aérospatiale chinoise CASC, le CZ-3B est la variante la plus puissante parmi les lanceurs de la famille CZ-3A, tous pratiquement dédiés aux lancements de satellites en orbite géostationnaire.

Cette fusée de trois étages, qui mesure plus de 57 mètres de haut et 459 tonnes au décollage, est capable de placer 5 500 kg de charges utiles en orbite de transfert géostationnaire (GTO).

Avant l’arrivée du nouveau lanceur lourd CZ-5, qui vient d’échouer son deuxième lancement cette année malgré un vol inaugural plutôt réussi, les satellites de communication chinois ne pouvaient pas dépasser en masse la capacité d’emport du CZ-3B, sous peine de devoir se tourner vers une société de lancement spatial à l’étranger.

Le lancement de l’Alcomsat-1 fait partie d’un contrat « clé en main » signé entre l’Agence spatiale algérienne (ASL) et la société chinoise China Great Wall Industry Corporation (CGWIC) en Septembre 2013. Ce dernier devrait fournir à la fois le satellite, le service de lancement, les formations de personnels algériens ainsi que l’ensemble de l’infrastructure au sol pour le maintien du satellite.

Après une première date de mise en service du satellite annoncée pour 2014, les travaux d’infrastructure sur le sol algérien n’ont finalement commencé qu’en Septembre 2015, avec une préparation à l’amont qui a duré onze mois, alors que le satellite était déjà en cours de fabrication et de test depuis le mois de Février.

En Novembre 2016, un responsable de l’ASL indique que le lancement a été reporté au mois de Juin 2017. On ignore pour le moment les raisons qui ont repoussé encore le lancement de six mois pour arriver enfin à mi Décembre cette année.

Deux messages aux navigants aériennes (NOTAM) ont été publiés pour signaler la présence de deux zones de danger liées à la chute des débris du lanceur.

A3707/17
Q) ZPKM/QRTCA/IV/BO/W/000/999/2719N10808E026
A) ZPKM B) 1712101626 C) 1712101734
E) A TEMPORARY RESTRICTED AREA ESTABLISHED BOUNDED
BY:N272159E1083650-N273125E1074313-N271528E1073946-N270603E1083315
BACK TO START. VERTICAL LIMITS:GND-UNL.
F) GND G) UNL

A3708/17
Q) ZXXX/QRTCA/IV/BO/W/000/999/2604N11413E016
A) ZSHA ZGZU B) 1712101627 C) 1712101744
E) A TEMPORARY RESTRICTED AREA ESTABLISHED BOUNDED BY:
N260808E1142921-N261444E1140013-N255857E1135553-N255223E1142456
BACK TO START. VERTICAL LIMITS: GND-UNL.
F) GND G) UNL

Alcomsat-1

La trajectoire et les deux zones de retombée du vol (Image ; East Pendulum)

A noter que deux navires de suivi et de contrôle spatial chinois, Yuan Wang 6 et Yuan Wang 7, ont également été déployés dans l’océan Pacifique pour la phase de la mise en orbite, en plus de plusieurs stations sol en Chine.

Après l’annonce de la réussite du lancement, le président de l’Algérie Adbelaziz Bouteflika et son homologue chinois XI Jin Ping ont échangé les félicitations. Le chef de l’Etat algérien a exprimé sa « profonde considération à la République populaire de Chine pour sa disponibilité à assurer le transfert de la technologie dans un domaine très développé qu’est celui des TIC ».

Le président chinois souligne pour sa part les excellentes relations bilatérales entre les deux pays depuis bientôt 60 ans, et que le succès de ce projet est une importante réalisation pour le partenariat stratégique global que relie la Chine à l’Algérie et il constitue un premier « success story » pour la coopération de la Chine avec les pays arabes dans le domaine de l’aérospatiale.

Au XSLC, le directeur adjoint du centre spatial chinois s’est également félicité de la réussite de cette septième mission en 2017, et parle d’une très bonne précision de mise en orbite avec un écart en demi-grand axe de seulement trois kilomètres par rapport à la valeur théorique.

 

Premier satellite de communication algérien Alcomsat-1

Si l’on croit à la dernière liste des satellites établie par l’Union of Concerned Scientists aux Etats Unis en Septembre cette année, l’Alcomsat-1 sera le plus grand et le plus lourd satellite jamais lancé pour l’Algérie, qui dispose à ce jour quatre satellites d’observation terrestre et d’expérimentation en orbite.

Conçu par China Academy of Space Technology (CAST), principal constructeur des engins spatiaux du groupe d’aérospatiale chinois CASC, l’Alcomsat-1 utilise une plateforme satellite chinoise DFH-4 et il est doté de 33 transpondeurs dont 19 en bande Ku, 12 en bande Ka et 2 en bande C/L.

La masse au lancement du satellite est de 5 225 kg pour une durée de vie théorique de 15 ans. L’Alcomsat-1 sera fixé à la position 24,8° Ouest une fois les cinq manœuvres orbitales seront réalisées dans les six prochains jours, manœuvres qui seront en partie contrôlées depuis les deux centres d’exploitation des systèmes de télécommunications en Algérie, l’un à Boughezoul et l’autre à Bouchaoui.

 

Statistique historique

Statistiquement, ce lancement l’Alcomsat-1 est le 16ᵉ lancement spatial chinois en 2017, le 42ᵉ du lanceur CZ-3B, et le 258ᵉ pour la famille des lanceurs Longue Marche.

Pour l’heure, les fusées Longue Marche du groupe CASC totalisent 247 succès et 11 échecs, soit un taux de réussite de 95,74%.

Voici le nombre et le statut de lancements spatiaux chinois effectués depuis 1970, incluant aussi ceux qui ne sont pas réalisés par les lanceurs Longue Marche –

Alcomsat-1

Tableau de suivi des lancements spatiaux chinois – Date : 2017-12-11

Henri K.

 

 

Post Tags
Written by

Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

No comments

LEAVE A COMMENT