La Chine transforme son 1ᵉʳ destroyer Projet 956 Sarych

Près de deux ans après le début de la transformation du destroyer 136 Hangzhou – anciennement Vazhnyy (Важный) du Projet 956, code OTAN Sovremenny, vendu par la Russie en Août 1997 et arrivé en Chine trois ans plus tard – le contenu des travaux sinisés commence à devenir visible.

Radars, capteurs, armements… Rien n’échappe à la démolition et à la refonte. Même la peinture écaillée après 14 ans de service au sein de la marine chinoise sera refaite à neuf.

Projet 956

Le destroyer 136 Hangzhou avant la transformation.

L’objectif, redonner une seconde vie à ce destroyer conçu dans les années 70′ pour les besoins de l’Union Soviétique, mais qui a de plus en plus de difficulté à s’intégrer dans une flotte chinoise en pleine évolution, dans le « système global chinois ».

Le navire est l’un des deux premiers Projet 956 acquis par la Chine au prix de 800 millions de dollar, après la crise du détroit de Taïwan de 1996, comme beaucoup d’autres classes de navire chinois développées sous ce contexte – le FAC Type 22 et le LPD Type 071 par exemple.

En somme, le Projet 956 constituait une sorte de solution d’urgence et stop gap pour faire face aux menaces des flottes américaines du moment, et aussi pour dissuader le mouvement indépendantiste de l’île de Taïwan, mais qui ne s’inscrivait pas dans le plan de développement long terme de la marine chinoise.

L’histoire de la transformation commence au début 2015, les spotteurs chinois de la ville de Shanghai ont aperçu le Projet 956 de 8 000 tonnes en train d’être désarmé et mis à nu, dans le chantier naval Kai Ling (Chantier 4806) situé à l’archipel de Zhoushan, là où se trouve la plus grande base navale de la flotte de l’Est de la marine chinoise.

Le destroyer 136 Hangzhou de Projet 956 à Zhoushan, en Novembre 2015.

Tous les armements et capteurs, et une grande majorité de radars, ont été démontés, y compris les très caractérisants quadruple tubes de lancement de missiles Mer-Mer supersoniques 3M80 Moskit, ou encore les imposants double canons AK-130-MR-184 de 130 mm installés à l’avant et l’arrière du destroyer.

Les photos récentes montrent qu’à la place des deux bras de lancement Surface-Air 3S90 se trouvent désormais deux systèmes au lancement vertical pour le SAM naval chinois HQ-16, et la défense anti-aérienne du navire est renforcée par un CIWS à missile HQ-10 de 24 tubes.

L’ancien radar de veille aérienne Frégate-M2 (Фрегат-М2) en haut du mât principal est remplacé par le Type 382, et la surveillance maritime et de basse altitude est assurée par le Type 364. Ces deux derniers équipent déjà de nombreux navires de combat première ligne chinois.

Selon nos sources, tous les systèmes électroniques et de combat seront remplacés. Bien que ce ne soit pas visible encore, mais les 3M80 vont céder leur place aux nouveaux YJ-12, toujours supersonique mais à priori plus performants. Le vieillissant CIWS AK-630 pourrait être remplacé par le H/PJ-12 de 7 × 30 mm mais c’est à confirmer.

L’un des rares systèmes russes qui va demeurer sur place est le double canon AK-130.

On ignore pour le moment quand les travaux seront terminés, mais d’après une source proche du dossier, le programme a déjà pris quelques retards. Le même phénomène est constaté sur l’unique navire de Type 051B, qui est en travaux de conversion depuis le 4ème trimestre 2014.

Il est à noter que les équipements mis à jour sur ces deux navires transformés sont sensiblement identiques, on assiste donc à une harmonisation pour que les systèmes de combat et les armements soient alignés sur l’ensemble des navires chinois.

Le destroyer 167 Shenzhen de Type 051B en fin de transformation.

Henri K.

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<p>Et si la vision du monde est « biphasée » ? C’est ce que Henri a toujours cru, c’est également comme cela qu’il voit la Chine.</p> <p>Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l’Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.</p>

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