La Chine teste le parachute supersonique martien avec la fusée-sonde TY-6

Après plusieurs essais réussis menés entre Août 2016 et Juin 2017, à l’aide de parachutes de taille réduite, le programme martien chinois vient de franchir une autre étape décisive dans son développement en effectuant de nouveaux tests d’ouverture à haute altitude des parachutes supersoniques, grandeur nature cette fois-ci, conçus pour le freinage atmosphérique du module atterrisseur de la future sonde martienne chinoise lors de la phrase Entry, Descent and Landing (EDL).

La nouvelle est restée plutôt discrète mais on apprend que le groupe d’aérospatiale chinois CASC a procédé récemment aux quatre lancements de sa fusée-sonde TY-6 (天鹰-6, ou Tian Ying 6) à Korla, en province du Xinjiang.

« Les charges expérimentales ont atteint une altitude de 44 à 54 km du sol, conformément aux besoins de la mission », indique le texte publié par la 4e Académie du groupe chinois, constructeur des fusées sondes.

L’objectif est de vérifier le bon fonctionnement du parachute martien, notamment son ouverture, en domaine supersonique. La densité atmosphérique sur Mars étant beaucoup plus faible que celle de la Terre, à 1,08 × 10^-2 kg/m3, soit 1% de la densité atmosphérique terrienne, il faudra que le parachute de freinage du module atterrisseur soit déployé plus tôt lors de la rentrée atmosphérique, à une vitesse d’environ Mach 1,7 en vol, pour disposer d’une durée de décélération suffisante.

Sous une faible pression dynamique, c’est à dire à 500 Pa dans le cas du parachute martien contre 8 000 Pa pour le parachute de la capsule habitée Shenzhou par exemple, l’ouverture s’avère également plus compliquée.

Les ingénieurs de CASC, notamment ceux de l’Institut 508 de CAST, travaillent depuis plusieurs années pour mettre au point un parachute capable de résister à la descente martienne en régime supersonique. Après avoir choisi une configuration en bande-disque (D-G-B, Disk-Gap-Band) à la suite de plusieurs essais en soufflerie, en Mars 2016, l’équipe a procédé aux essais physiques en Août et Septembre 2016, puis en Juin 2017, avec plusieurs prototypes de parachute à échelle réduite.

Ce sont les fusées sondes TY-2 et TY-2A qui étaient chargées de les mettre en altitude, entre 33 et 50 km du sol, lors des cinq précédents tests. La réussite de ces essais ont permis de clôturer la Phase 2 du développement, mais avec des parachutes désormais en taille réelle et donc bien plus grands, une version plus lourde de la fusée sonde, le TY-6, a dû être développée.

Selon les chiffres de son constructeur, la nouvelle fusée sonde TY-6 mesure 9 988 mm de haut et 750 mm en diamètre. La masse au décollage est de 5,1 tonnes, dont 1,3 tonnes pour la tête et les charges utiles.

La fusée à ergol solide utilise des moteurs mono-chambre à double poussée. Le premier étage du lanceur développe une poussée moyenne de 220,4 kN, et 118,6 kN pour le deuxième étage.

La sonde martienne chinoise, quant à elle, devrait être lancée d’ici 2020 par la fusée CZ-5.

Henri K.

 

 

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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