La Chine développe un robot insecte sous-marin

Le 1er Décembre 2016, la réunion de lancement du projet « robot sous-marin hybride nageur-rampant en mer profonde » (深海爬游混合型无人潜水器) a eu lieu dans la ville de Wuhan.

Le développement de ce robot un peu particulier est piloté par l’Institut 719 du groupe de construction navale chinois CSIC, avec la participation de plusieurs universités et industriels chinois comme l’Université Jiao-tong de Shanghai, l’Université polytechnique du Nord-Ouest, l’Institut de technologie de Harbin, ou encore l’Institut de recherche des équipements de la marine chinoise.

Approuvé officiellement par le ministère chinois de la Science et de la Technologie (MOST) en Août 2016, le robot fait parti de l’un des 41 projets du sous-programme « Mer profonde« , géré dans le cadre du Programme national de recherche et de développement clé.

A part une image du robot, aucun détail technique n’a été donné dans le communiqué officiel, on sait néanmoins que le budget alloué est de 10 millions de Yuan. L’Institut 719 et ses partenaires ont quatre ans pour terminer le développement du prototype et mener les premiers essais du robot à la mer.

Ce robot hybride, capable à la fois de nager dans l’eau et de ramper sur le fond marin, sera utilisé dans l’exploration scientifique en mer profonde, la surveillance environnementale, le sauvetage et les travaux sous-marins.

Dans le brevet CN205615688 déposé par les chercheurs de l’Institut 719 en Mai 2016 qui concerne exactement le même robot, on découvre un peu plus sur le contexte du projet et l’architecture technique choisie.

En effet, le texte indique que les drones sous-marins actuels, très utilisés aujourd’hui dans l’exploration de fonds marins, ne sont pas adaptés aux environnements très complexes en mer profonde, notamment les zones hydrothermales qui représentent un très fort intérêt économique. Les AUV sans câble peuvent manœuvrer rapidement mais ne sont pas suffisamment fiables, alors que les ROV avec câble ont certes l’avantage d’être très précis dans leur manœuvres mais sont soumis aux nombreuses contraintes opérationnelles.

Développer un robot hybride capable de nager et ramper permet donc d’adresser à plus de types de terrain.

Dans la configuration présentée dans le brevet, on peut voir un robot insecte avec quatre « pattes » articulées, dont deux à l’avant sous forme d’une rame, et un propulseur en pompe-hélice. L’engin est composé de 7 modules dont une capsule résistante à la pression pour y installer l’ordinateur de contrôle et de guidage. La communication du robot avec le monde extérieur est assurée à la fois par l’acoustique et les satellites.

Mais dans la dernière image du robot diffusée par l’Institut 719, on constate que le design a déjà évolué – le robot insecte sous-marin a désormais six « pattes » dont quatre en rame. Deux pinces robotiques rétractables se trouvent sur les deux « pattes » à l’avant. L’agencement à l’intérieur de la coque est également modifié. On ignore toutefois les caractéristiques visées, comme la taille de l’engin, son autonomie, ou encore la profondeur de travail effective, par exemple.

Avec 1,22 milliards de Yuan alloués pour une seule année 2016, les 41 projets dont ce robot fait partie ne sont qu’une petite partie des efforts témoignant la volonté de la Chine d’aller chercher des ressources au fond des océans.

De nombreux projets gouvernementaux mais aussi privés ont vu le jour ces dernières années afin d’équiper le pays avec des moyens efficaces pour explorer, puis exploiter peut-être plus tard, des ressources minérales marines enfouies à plusieurs milliers de mètre de profondeur.

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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