SAST : un ingénieur en chef arrêté pour espionnage

Les rumeurs circulent déjà depuis une semaine, mais un rédacteur en chef de l’un des plus célèbres magazines militaires en Chine l’a confirmé aujourd’hui sur son blog – un ingénieur en chef de l’Académie de Shanghai pour la technologie des vols spatiaux (SAST), filiale du groupe aérospatial chinois CASC, est arrêté par le service chinois de sécurité intérieure pour avoir fournir des informations aux services de renseignement étrangers.

2016-09-14-sast-un-ingenieur-en-chef-arrete-pour-espionnage-01

HOU Jin Wen, ingénieur en chef à SAST

Âgé de 56 ans, HOU Jian Wen (侯建文) est le directeur adjoint du comité des sciences et de technologie de SAST, il était également ingénieur en chef et responsable technique d’au moins neuf programmes spatiaux chinois, comme la sonde martienne Ying Huo 1, le satellite expérimental SJ-7 (aussi appelé TS-2 en interne), ainsi que les satellites militaires optiques JB-9.

HOU est entré dans le SAST en 1983, après son diplôme à l’Institut de technologie de Harbin. Spécialisé dans les systèmes de contrôle satellitaire, il a gagné rapidement en renommé avec les satellites météorologiques Feng Yun, où il a contribué fortement à l’amélioration de la fiabilité des systèmes et en stabilisant notamment un satellite après deux mois en perdition.

En Août 2002, HOU a été nommé ingénieur en chef du satellite expérimental SJ-7, à l’âge de 42ans. Mis en orbite en Juillet 2005, ce satellite est un important banc d’essai de l’époque pour plusieurs charges utiles du domaine militaire, comme une caméra infrarouge matricielle, un ladar, et un instrument de mesure à micro-ondes en bande L. En 2013, le satellite a également été servi comme cible dans une simulation de capture spatiale « non amicale ».

Récemment, HOU a été nommé ingénieur en chef du module orbital de la future sonde martienne chinoise, qui sera lancée en 2020. Il est considéré comme le plus grand ingénieur en chef de SAST d’aujourd’hui et l’un des sérieux candidats pour la prochaine élection du titre Académicien en Chine.

Nul doute que si son arrestation est avérée, il y aura de fort impact dans plusieurs programmes spatiaux en Chine.

En tant que l’une des plus grandes entités du groupe CASC, SAST fabrique non seulement des fusées (CZ-4B et CZ-4C), des engins spatiaux civils et militaires, mais aussi des armements comme les missiles antiaériens HQ-6, HQ-10, HQ-16 et HQ-26, par exemple.

On ignore pour le moment si HOU est uniquement impliqué dans les programmes spatiaux et combien d’informations ont déjà fuitées. Plusieurs rumeurs parlent de « femme » et « des Russes », mais il convient de rester prudent à ce state d’investigation où les gesticulations sont nombreuses.

Après l’échec récent du lancement de satellite GF-10, dont le 3ème étage de la fusée CZ-4C conçu par SAST serait mis en cause, cette filiale de CASC à Shanghai va entrer sans aucun doute dans une période de purge interne forcée.

En tout cas l’incompréhension règne aujourd’hui au sein de l’entité, si l’on croit à plusieurs de ses employés sur leur blogs…

L’affaire à suivre.

Henri K.

Written by

Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

Latest comments
  • Ah les femmes… Cela peut il retardé le programme martien ? A priori, celui-ci ne comporte pas de Secret d’État qu’il faudrait remanier mais trouvé un nouveau boss alors que tout le staff doit être sous pression risque d’être compliqué.

LEAVE A COMMENT