Une autre histoire du destroyer 173 Changsha porté « disparu »

Il y a dix jours nous avons relayé ici une source selon laquelle le destroyer 173 Changsha, de Type 052D, serait tombé en panne dans l’océan Indien, sans pour autant pouvoir confirmer l’information, faute de communications institutionnelles.

La seule chose que l’on est toujours certain aujourd’hui est que le destroyer 174 Hefei de même classe l’a effectivement remplacé, pour participer à l’exercice naval sino-russe « Joint Sea 2017 ».

Le destroyer 173 Changsha, la frégate 571 Yuncheng de Type 054A et le pétrolier-ravitailleur 964 Luomahude Type 903A constituaient la flottille chinoise qui est parti du port de Sanya le dimanche 18 Juin. Mais rapidement ce premier est « disparu » des communications officielles et c’est son sistership 174 Hefei qui continue à mener les deux autres navires vers les lieux de l’exercice conjoint à Saint-Saint-Pétersbourg et Kaliningrad.

Actuellement les trois bâtiments de la « nouvelle » flottille chinoise ont déjà atteint la mer du Nord. Ils ont été accompagné par la frégate hollandaise HNLMS Van Amstel ce lundi dans leur traversée et font cap sur la mer Baltique.

Seulement il n’y a toujours aucune nouvelle sur la trace du 173 Changsha, un navire de près de 7 000 tonnes plein charge et l’un des destroyers les plus avancés de la marine chinoise.

Si certains médias taïwanais se réjouissent de l’éventuelle avarie du destroyer chinois, comme un élément pour se rassurer et pour servir comme preuve de la médiocrité de la qualité « Made in China », un autre média de l’île vient d’évoquer une autre possibilité qui paraît tout aussi plausible.

Selon le journal Up Media citant une source de l’armée taïwanaise (?), le destroyer 173 Changsha était bien parti le 18 Juin de la Chine pour la mer Baltique. Mais pour une raison inconnue, le navire n’aurait jamais quitté la mer de Chine méridionale et aurait fait demi-tour, vers le récif de Fiery Cross, pour retourner à la base navale de Zhejiang, le Q.G. de la flotte du Sud dont le navire est affecté, en filant à une vitesse de « 22 nœuds ».

Cette vitesse du navire semble donc écarter une quelconque avarie grave du système de propulsion comme prétend une autre source chinoise, citée dans notre article du 8 Juillet.

La même source taïwanaise suppose que ce retour anticipé serait lié aux enquêtes disciplinaires qui sont actuellement en cours au sein de l’armée chinoise, et que l’un ou plusieurs responsables du destroyer chinois ou de la flottille seraient impliqués, obligeant ainsi la marine chinoise à rapatrier le navire entier et le fait remplacer par un autre de même classe.

Si on se base maintenant sur les communications officielles, notamment celle sur le ravitaillement de la flottille pour la mer Baltique dans le golfe d’Aden, au départ de Sanya la flottille chinoise est placée sous le commandement du vice amiral YU Man Jiang (俞满江), également commandant adjoint de la flotte du Sud. Il est assisté par le vice amiral FU Xiao Dong (傅晓东), commissaire adjoint du parti de la flotte du Sud et ancien juge en chef du tribunal militaire de l’armée chinoise, et le chef d’état major de la flottille LI Hui (李辉).

Destroyer

Le destroyer 174 Hefei de Type 052D, dans un exercice à tirs réels

Dans l’article paru le 8 Juillet au journal de l’armée chinoise, où le destroyer 174 Hefei est désormais le flagship de la flottille (et non plus le 173 Changsha), YU et LI ont tous les deux été mentionné.

FU Xiao Dong, quant à lui, n’a pas été cité dans l’article en question, mais il est apparu dans un autre article récent de China News datant il y a 6 jours, et on sait qu’il est aussi à bord du destroyer 174 Hefei.

Autrement dit, aucun des trois plus hauts responsables de la flottille chinoise n’est concerné par ce que évoque le média taïwanais.

Quel que soit la personne qui aurait obligé le destroyer 173 Changsha à faire demi-tour en pleine mission, le navire aurait très bien pu la déposer sur le récif de Fiery Cross, qui dispose d’une piste de 3 000 mètres, pour qu’un avion vient le ramener au continent.

A moins que ce soit le capitaine du navire qui est en cause, et implique par défaut tout équipage ?

Quoiqu’il en soit, sans une quelconque déclaration de la marine chinoise, tout ne peut être considéré comme rumeur aujourd’hui, que ce soit l’hypothèse de la panne du destroyer dans l’océan Indien ou cette nouvelle éventualité des enquêtes disciplinaires…

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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