H-6N, H-X… Les programmes de bombardier chinois se multiplient

Parmi la large panoplie de dispositifs A2/AD chinois, les composants aériens ont plutôt une orientation défensive jusqu’à présent, laissant le rôle de « bélier » aux nombres missiles balistiques des forces des fusées. Mais les choses sont en train de changer avec la multiplication de programmes de bombardier, comme le nouveau H-6N et le bombardier stratégique à aile volante.

Déjà en 2016, les rumeurs ont circulé sur l’existence d’une version ravitaillable de bombardier, modifié à partir du fameux H-6K, dernière variante modernisée de l’ancestral Tupolev Tu-16 que l’armée de l’air chinoise dispose d’une petite cinquantaine d’exemplaire.

Et une photo d’amateur postée récemment semble bien confirmer ceci, avec comme indication que son premier vol remonte au mois de Décembre dernier.

Bombardier

La version ravitaillable du bombardier H-6K (?) dont le premier vol remonte à fin Décembre 2016 (Photo : APFSDS-)

Avec un rayon d’action de 3 500 km au minimum, le bombardier H-6K peut déjà atteindre Guam, l’une des plus grosses têtes de pont américaines en Pacifique de l’Ouest, grâce à ses six missiles de croisière KD-20.

La capacité d’être ravitaillé en vol suggère que ce bombardier chinois cherche soit à accroître son rayon d’action, de l’ordre de 50% environ à l’aide de l’avion ravitailleur IL-78 acquis récemment par l’armée chinoise, ou à décoller avec des charges beaucoup plus lourdes et peu de fuel, et récupérer la pleine autonomie une fois en vol.

Or, dans le premier cas où les missiles chinois pourraient frapper des cibles situées à 7 250 km de la base d’Anqing par exemple, il n’y a pas aucune cible stratégique valable justifiant cette modification dans l’océan Pacifique, si ce n’est qu’une partie peu peuplée de l’Australie soit incluse dans la portée de frappe du bombardier chinois.

Il serait donc logique de penser que la deuxième hypothèse soit plus justifiée, c’est à dire que la nouvelle version du bombardier chinois ait une nouvelle charge, une nouvelle mission.

Et cela fait déjà quelques temps que le lancement de missile balistique aéroporté soit envisagé, étudié et développé par les industriels chinois. Les éléments montrent que les Chinois développeraient une plateforme volante pour lancer le missile balistique anti-navire DF-21D, d’une portée estimée à 1 700 km.

Cela permettrait d’établir une capacité de dissuasion contre les groupes aéronavals, autour de leur porte-avions, dans une vaste zone située entre Guam et Hawaï, où la variante anti-navire de DF-26, un missile balistique IRBM chinois de nouvelle génération de 4 000 km de portée, n’est capable d’atteindre.

Bombardier

Une vue d’artiste sur le bombardier version « porteur missile balistique »

Est-ce que cette version ravitaillable et porteur de missile balistique s’appelle H-6N, une référence mentionnée dans un article récent paru dans le Weixin de l’usine Xi’an Aircraft Industrial Corporation (XAC) ?

张骞文先后完成C919、TA600、HX、H6N、ARJ21等5个型号的新机研制任务,负责解决生产过程中的各类技术、质量、生产等问题。

Quoiqu’il en soit, ce même article qui parle d’une jeune ingénieur travaillant sur le revêtement en tôle mentionne également le nom de H-X. Cela laisse penser au bombardier stratégique, appelé prétendument H-20 par la presse jusqu’à présent, dont le développement est confirmé par le Commandant en chef de l’armée de l’air chinoise en Septembre 2016.

Une source locale à Xi’an, où se trouve l’Institut 603 qui s’occupe du développement de l’avion, affirme qu’un « nouvel appareil » est sorti de la chaîne d’assemblage final le 8 Juin cette année.

On ignore pour le moment la validité de cette rumeur, mais on sait que XAC a déjà initié depuis début 2016 des essais conceptuels de pré-assemblage pour un « certain projet stratégique ».

Si la sortie de ce bombardier stratégique chinois ne fait pas de doute, l’engin à aile volante apparu au centre d’études national de caractéristiques externes de Gaibeidian, l’un des installations où les ingénieurs chinois étudient par exemple la surface équivalente radar (SER) de différents appareils, n’est probablement rien à voir avec le projet.

En effet, la dimension de cet engin, qui mesure 12 mètres de long et 19 mètres d’envergure environ, ainsi que la forme géométrique extérieure fait plutôt penser au drone américain X-47B, conçu par Lockheed Martin pour l’US Navy comme réponse à la capacité A2/AD chinoise.

Henri K.

Post Tags
Written by

Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

No comments

LEAVE A COMMENT