Le futur AWACS embarqué chinois fait son apparition

L’année dernière Bruno nous avait parlé ici des projets d’AWACS embarqué chinois, notamment des études menées par les industriels jusqu’à présent et certains des prototypes qui ont été construits. L’un d’eux serait à un stade de développement avancé aujourd’hui et les essais pourraient avoir commencé, si l’on croit aux derniers éléments rendus publics.

Dans un texte pour présenter ses vœux du Nouvel An chinois, l’Institut CAEIT du groupe électronicien chinois CETC a publié une photo sur une équipe de développement d’AWACS, dans laquelle on peut apercevoir la maquette d’un AWACS embarqué, à côté de celle de ZDK-03 vendu au Pakistan. Le CETC est le principal fournisseur des équipements électroniques, dont les radars d’AWACS, pour l’armée chinoise.

Une maquette d’AWACS embarqué au bureau de développement des AWACS de l’Institut CAEIT (Source : CETC)

L’appareil en maquette représente de nombreuses ressemblances avec l’AWACS embarqué américain E-2C, avec un empennage vertical à quatre plans et deux turbopropulseurs à 8 pales.

A cause des turbulences générées par le radôme et son support sur le dos d’un AWACS, la capacité stabilisatrice longitudinale de l’empennage vertical classique est fortement réduite. Pour remédier à ce problème, les ingénieurs peuvent augmenter la taille (en hauteur ou en largeur) de l’empennage en question pour que ce dernier « sort » de la zone d’influence des turbulences. C’est la solution choisie par le Yak-44, AWACS embarqué soviétique qui devrait rejoindre le porte-avions de classe Ulyanovsk.

Or, dans le cas d’AWACS embarqué moderne, qui doit entrer dans le hangar d’un porte-avions où chaque mètre est précieux, l’augmentation de la taille n’est pas une solution idéale, et c’est pour cette raison que l’E-2 par exemple, et maintenant les Chinois, ont choisi un meilleur compromis qui consiste en multiplier le nombre de plans verticaux.

A ce sujet, l’Institut 603 à Xi’an du groupe AVIC, concepteur de nombreux appareils militaires chinois comme le chasseur-bombardier JH-7 et l’avion de transport Y-20, a déposé en Novembre 2013 un brevet sur un nouvel empennage vertical à 4 plans, pour répondre aux besoins d’un AWACS embarqué qui doit pouvoir décoller par fort vent latéral, apponter à faible vitesse et à grande incidence, et continuer à voler avec la perte de l’un des deux moteurs.

On peut constater justement sa différence avec le même type d’empennage vertical de l’E-2C américain. Ceci est probablement dû à un différent design de radôme, du support et de la cellule de l’avion.

AWACS embarqué

L’empennage vertical de l’E-2C (à gauche) et celui du design chinois.

Mis à part ces deux éléments institutionnels, une photo prise par un spotteur à Wuhan montre qu’une nouvelle maquette se trouve désormais sur le pont du « porte-avions en béton ». Ce dernier est une plateforme de simulation de compatibilité électromagnétique de l’Institut 701 du groupe naval chinois CSIC.

Sur le porte-avions en béton de l’Institut 701 à Wuhan se trouve une nouvelle maquette d’AWACS embarqué.

On peut voir sur cette image la présence de trois maquettes, celles de l’avion de chasse embarqué J-15, de l’hélicoptère naval Z-18, et d’un AWACS embarqué.

Ce dernier, qui ressemble au démonstrateur JZY-01 construit par l’Institut 603 et le XAC en 2005, mesure au moins dans les 18 mètres si nous prenons le Z-18 sur le côté comme référence.

L’apparition de cette maquette suggère que l’Institut 701, concepteur du 3ème porte-avions chinois, aurait démarré les essais de compatibilité électromagnétique avec l’ensemble des appareils qui pourraient se trouver sur le CATOBAR chinois.

Il est à noter que les premiers essais de catapultage, à vapeur et en électromagnétique (EMALS), ont déjà commencé au centre d’entraînement aéronaval de Xingcheng, menés par les personnels de la marine chinoise (voir notre dossier « La marine chinoise démarre les essais de catapultage » du mois de Novembre).

Pour finir, un autre brevet déposé par l’Institut 603 d’AVIC en Mai 2016, sur un nouveau moyen de constrôle des tests de chute (« drop test » en anglais), semble prouver que le développement du nouveau AWACS embarqué chinois serait entré en phase d’essais avancée.

La vidéo en bas illustre plusieurs « drop tests » des avions différents :

En résumé, avec ces nouvelles données sur le radariste (l’Institut CAEIT du groupe CETC), l’avionneur (l’Insitut 603 du groupe AVIC) et le concepteur du premier prote-avions CATOBAR chinois Type 002 (l’Institut 701 du groupe CSIC), tout porte à croire que le nouvel AWACS embarqué chinois, destiné au 3ème porte-avions chinois dont la construction est en pleine préparation, ne va plus tarder à se montrer au public. On estime que son développement devrait prendre fin au plus tard vers 2021 ou 2022, quand le Type 002 sera livré à la marine chinoise.

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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