Drone cargo : les projets se multiplient en Chine

La « guerre » des drones, ou simplement des engins sans pilote en tout genre qui sont dotés d’un certain niveau d’intelligence, entre les puissances technologiques se traduit non seulement par la multiplication des vecteurs du domaine militaire, mais aussi et surtout dans la démocratisation et l’intégration de drone dans notre vie quotidienne, que ce soit en envergure et ou en profondeur.

Outre des moyens de production automatisée comme les robots et les convoyeurs, qui libère les manœuvres des tâches répétitives, dangereuses ou demandant peu de qualification, le domaine logistique qui conditionne la fluidité des chaînes industrielles jusqu’aux mains des consommateurs est l’un des domaines où l’utilisation de drone attire les acteurs majeurs en Chine.

Après Amazon, qui a réalisé sa première livraison d’un colis de moins de 25 kg avec un drone à voilure tournante en Décembre 2016, Jingdong, une société chinoise qui dispose d’une plateforme de vente B2C en ligne et près de 60 000 salariés rien que sur son réseau de distribution, inaugure son nouveau service de livraison des colis dans la ville de Xi’an avec 40 routes de vol.

L’entreprise chinoise prévoit d’ouvrir 150 bases d’atterrissage de drone dans une seule province de Sichuan d’ici trois ans.

SF Express, deuxième plus gros acteur en service de livraison après la Poste de Chine et employant 400 000 salariés, investit lourdement aussi dans la recherche & développement de drone cargo qui se chiffre par milliard (yuan).

Il est le premier acteur logistique en Chine qui a obtenu la licence officielle de survol de drone dans l’espace aérien chinois, délivré par le Commandement de théâtre de l’Est de l’armée chinoise et valable dans un rayon de 100 km autour de la ville de Ganzhou.

En mois de Juillet cette année, SF Express a fait voler un drone amphibie d’une capacité d’emport de 250 kg, disposant d’une autonomie de 10 heures en vol.

Un autre projet de drone cargo lancé par SF Express en 2015, capable de transporter jusqu’à une tonne de marchandise, et en collaboration avec Xianyang Pianzhuan, l’Académie chinoise des Sciences, le groupe électronique CETC et l’avionneur chinois AVIC, prévoit aussi d’effectuer son vol inaugural ce mois-ci.

Ce drone d’une MTOW de 3 395 kg , transformé à partir d’un monoplan monomoteur turbopropulsé PAC 750XL, vient de terminer ses essais de roulage à vitesse moyenne il y a quelques jours.

Mesurant 11,84 mètres de longue et d’une envergure de 12,8 mètres, ce futur drone de cargo de SF Express dispose d’une autonomie de 2 183 km ou 8 heures en vol.

Selon la déclaration du géant chinois en distribution, plus de 80% de volume de livraison se focalise encore sur la côte Est du pays, où le développement économique et démographique est le plus dense. Malgré ses trentaines d’avion de fret et un parc de moyens au sol et fluviaux très conséquent, SF Express indique qu’il existe encore des zones très difficiles d’accès en Chine.

A titre d’exemple, l’acheminement d’un colis de Chengdu à Panzhihua sur 500 km en vol d’oiseau prend aujourd’hui entre 12 à 15 heures par les moyens routiers, et il faudra seulement moins de 3 heures pour livrer le même colis par un drone cargo.

Les drones permettent donc de réduire non seulement la durée et la dépense dans le domaine de la distribution, mais surtout de s’affranchir les contraintes géographiques, et donc contribuer à la croissance par la consommation intérieure et absorber une partie de surcapacité de production en Chine.

Ceci explique pourquoi le drone vient d’être inclut dans le « Plan national de développement et de planification de intelligence artificielle de nouvelle génération » (新一代人工智能发展规划), publié début Juillet par le Conseil d’Etat chinois.

Drone

Un autre mini-drone cargo de SF Express.

Avec plus de 30 milliards de colis express livrés en 2016, ce gigantesque marché bien protégé des acteurs étrangers et de fort potentiel de croissance fait aussi émerger de nombreux projets « Startup » de drone cargo, plus grand (en taille) les uns aux autres.

On peut citer par exemple le drone FM-15 du startup FM Aviation Technology d’une masse de 5 500 kg au décollage. Modifié à partir d’un ancien biplan chinois Y-5B, le drone dispose d’une volume confortable de 11,8 m3 pour le fret et d’une capacité d’emport de 1 500 kg, faisant de lui le plus grand drone cargo en Chine.

Selon sa directrice générale, QI Feng, une jeune femme d’une trentaine d’année ayant déjà lancé un projet de drone multi-rotors civil, le business model de FM-15 se base sur une plateforme de partage de capacité en ligne et l’entreprise compte proposer un « kit de transformation » clé en main pour transformer d’autres aéronefs pilotés de l’aviation générale en drone de transport.

QI a aussi repris l’exemple de transport de colis de Chengdu à Panzhihua, indiquant que les coûts d’exploitation par camion sont d’environ 7 yuans (soit 0,89€) par tonne, alors que pour un drone cargo, qui vole sur une distance de 352 km, ce coût n’est que de 5,12 yuans (0,65€), soit une baisse considérable de 27%.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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