Déploiement de l’AWACS KJ-500 au Tibet

Les photos prises par un amateur sur un vol au départ de l’aéroport Lhassa Gonggar au Tibet montrent qu’au moins un AWACS chinois de dernière génération, le KJ-500, a été déployé localement.

2016 08 23 - Déploiement de l'AWACS KJ-500 au Tibet - 03 2016 08 23 - Déploiement de l'AWACS KJ-500 au Tibet - 04 2016 08 23 - Déploiement de l'AWACS KJ-500 au Tibet - 06

Situé à 45km au Sud de la ville de Lhassa, l’aéroport de Gonggar est de l’usage mixe civil-militaire. Il est construit sur le rive Sud de Yarlung Tsangpo, la plus grande rivière du Tibet, et se trouve à 3 600m d’altitude.

Les pistes de 4 000m de long et de 45m de large permettent d’opérer les avions de grande taille comme le Boeing 747 par exemple. Mais l’absence de hangar de service pour les avions militaires suggère que le déploiement de KJ-500 sur place ne serait pas permanent.

Les J-10A et les J-10S qui s’y trouvent sont également en rotation avec les autres unités, ils ont été photographiés par le même amateur au même moment.

2016 08 23 - Déploiement de l'AWACS KJ-500 au Tibet - 08 2016 08 23 - Déploiement de l'AWACS KJ-500 au Tibet - 07 2016 08 23 - Déploiement de l'AWACS KJ-500 au Tibet - 02

Avec 5 700km d’autonomie et une vitesse de croisière de 550km/h, le KJ-500 peut rester en vol pendant 8h. Cette durée est suffisante que ce soit sur le front Ouest ou à l’Est.

Pour le premier cas, il faut environ 2h de vol pour aller de Gonggar au Cachemire, le KJ-500 peut rôder au-dessus de la zone durant 4h, suffisant pour coordonner une opération de l’intensité moyenne avec les avions de chasse basés à Hotan.

A l’Est, la patrouille en vol peut durer même plus de 6h au-dessus de l’Assam. On peut voir mieux la situation géographique avec ce schéma –

2016 08 23 - Déploiement de l'AWACS KJ-500 au Tibet - 09

Après la réussite du programme KJ-2000, le premier AWACS High-end de l’armée de l’air chinoise, la difficulté d’acquérir les nouvelles plateformes IL-76MD pour les transformer en AWACS oblige les Chinois à trouver une solution alternative.

La seule plateforme que les Chinois avaient sous la main dans les années 2000′ et qu’ils sont entièrement autonomes à en fabriquer, c’est le Y-9.

Comment préserver les mêmes capacités de détection et de commandement de KJ-2000, et les transposer sur une plateforme beaucoup plus petite (MTOW 77t contre 170t pour un IL-76, soit 2,2 fois plus petit), était la principale préoccupation des ingénieurs de l’Institut 38 du groupe électronique chinois CETC.

2016 08 23 - Déploiement de l'AWACS KJ-500 au Tibet - 11

Les radars à balayage électronique actif de KJ-500

Afin de diminuer fortement le poids du radar à antenne AESA, les ingénieurs chinois ont opté pour la solution de radar tout digitalisé.

Les nouvelle technologies, comme la DBF (Digital Beam Forming) sur deux dimensions et la DDS (Direct Digital Synthesis), ainsi que le HSDB à réseau de fibre optique, ont été développés pour réduire au maximum la masse structurelle, tout en préservant la même performance des systèmes par rapport au KJ-2000.

La performance exacte des radars principaux de KJ-500 n’est pas rendue publique, mais il a été rapporté que le KJ-2000 peut suivre jusqu’à 100 cibles sur une portée maximum de 470km.

Le programme KJ-500 compte aujourd’hui deux prototypes construits en 2013. L’armée de l’air et la marine chinoise ont chacune réceptionné deux exemplaires. D’autres sont actuellement en construction chez SAC (Shaanxi Aircraft Corporation).

Henri K.

Post Tags
Written by

Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

Latest comments
  • Lapsus, développé au tout début des années 1990.

    La réflexion des hélices causes de gros problèmes aux RADARs embarqué sen général.

      • l’Hercules AWACS a bien vole et servi en opérations pour la lutte antidrogue le long de la frontière MEXICAINE AVEC SUCCÈS SI JE ME SOUVIENT BIEN;..

        Je suppose que les progrès en informatique depuis ont permit de réduire les interférences cause par les turbopropulseurs, après tout les E-2 Hawkeye font toujours du bon travail :depuis les années 1960 )

        PS : vous N’arrivez toujours pas à régler cette histoire d’écriture en majuscules dans les commentaires ?

  • Le KJ-500 me semblent l’équivalent du projet de C-130 awacs modernisé proposé il y une quinzaine d’années :

    http://www.ausairpower.net/TE-Wedgetail-99.html

    Le protoype avait été devellopé pour l’USCG dans les années 2000 :

    http://fas.org/man/dod-101/sys/ac/ec-130v.htm

  • Bonjour Henri
    est ce que tu sais pourquoi le KJ-500 utilise un radar développé par l’ECRIEE (East China Research Institute of Electronics Engineering – CETC 38 Institute) et non par le NRIET (CETC 14 Institute) comme pour le KJ-2000 ?
    On pourrait penser à un changement d’orientation dans la R&D pour le NRIET au niveau des équipements aéroportés qui se focaliserait plus sur les radars actuels et futurs des avions de combat et à l’expérience acquise par l’ECRIEE avec les systèmes de surveillance embarqués sur des aérostats comme le Vehicle Tethered Aerostat System présenté à Zhuhai en 2014

  • même si LA MINIATURISATION DU SYSTEME Peur eventuellement PERMETTRE D’avoir les mêmes performances que le KJ-2000, le temps de transit vers la zone d’operation s’allonge en raison de la vitesse moindre de la plate-forme. vs l’il-76.

    j’imagine que la chine travaille d’ores et deja sur un awacs avec une plate-forme Y-20 (et le systeme du proto kj-3000 ?), pour se passer de l’il-76.

    et on n’a qu’a le baptiser kj-5000 !

LEAVE A COMMENT