Un pas de plus vers un AWACS embarqué chinois

Maintenant que la découpe de la première tôle du nouveau porte-avions CATOBAR chinois aurait eu lieu fin Juin au chantier naval Jiangnan Changxing à Shanghai, plusieurs éléments récents montrent que les travaux de développement du futur AWACS embarqué chinois continuent à avancer chez l’Institut 603 Xi’an du groupe AVIC.

Après le brevet déposé en Novembre 2013 sur un nouvel empannage à quatre plans différent de celui de l’E-2C américain, et la mise en place des moyens pour les essais de chute en Mai 2016, comme nous avons évoqué en début d’année dans le dossier « Le futur AWACS embarqué chinois fait son apparition », les aérodynamiciens de Xi’an semblent avoir peaufiné de nouveau la partie arrière de l’avion, notamment l’empennage horizontal (HTP), par rapport aux turbulences générées par les hélices.

C’est en tout cas ce que révèle dans un document de recherche publié en mois de Janvier par ce bureau d’études chinois, spécialisé dans la conception des avions de transport (Y-20…) et des bombardiers (H-6, H-X…), qui analyse l’impact de l’écoulement lisse sur la stabilité statique longitudinale de l’avion.

Pendant ce temps-là, le porte-avions en béton de l’Institut 701 du groupe naval CSIC a aussi accueilli la maquette d’un AWACS à côté de celle d’un avion de chasse embarqué J-15.

Cette plateforme au sol, située près du lac de Huangjia à Wuhan et qui sert à réaliser des simulations de compatibilité électromagnétique du navire, est également en plein travaux – le tremplin très caractéristique d’un porte-avions STOBAR a été totalement « raboté », et la taille de l’îlot réduite près d’un tiers.

Tout porte donc à croire que les acteurs côté naval avancent aussi de leur côté.

Au niveau des systèmes embarqués, si on ignore encore lequel des trois principaux bureaux d’études radaristes chinois – CETC 14, CETC 38 et AVIC 607 – a été choisi pour fournir le radar à antennes actives (AESA) du futur AWACS embarqué, on sait néanmoins que AVIC Jonhon Optronic Technology (Usine 158) semble être prêt à fournir des composants de refroidissement en tout genre pour le projet.

En effet, les produits de cette filiale équipementier du groupe avionneur chinois AVIC ont été sélectionnés pour entrer en finale de la 2ème édition du concours China Aviation Innovation and Entrepreneurship Competition (CAIEC), et AVIC Jonhon a choisi d’illustrer ses produits de refroidisseur liquide sur une image d’AWACS américain, pour la station de contrôle, le radar et l’alimentation à bord…etc.

AWACS

Une image présentée par AVIC Jonhon

Il est à noter que dans le nouveau hall « Marine » du musée militaire de Pékin se trouve désormais une maquette de porte-avions CATOBAR à propulsion nucléaire, sur lequel on peut voir côte-à-côte un AWACS embarqué et un drone à aile volante prêts à décoller sur les catapultes.

Difficile à dire aujourd’hui si tout cela est représentatif et à quel point, mais on sait néanmoins que le pays travaille non seulement pour contrer cet outil « interventionniste » et « projecteur des forces » que représente un groupe aéronaval autour de porte-avions, mais aussi pour en avoir à plusieurs.

Si on table sur fin Q3 2019 pour la réception du deuxième porte-avions par la marine chinoise et 2023 pour le troisième, un CATOBAR à propulsion conventionnelle, rien n’est encore très précis sur le projet de porte-avions nucléaire, même si la partie propulsion est déjà en étude.

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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