Dans les coulisses de la dernière sortie du porte-avions Liaoning

Le 13 Janviers 2017, le porte-avions 16 Liaoning est rentré à la base navale de Qingdao après une sortie en mer longue de 5 828 miles nautiques.

En un peu plus de trois semaines, l’unique porte-avions chinois a mené des exercices et des pontées en traversant plusieurs zones maritimes autour de la Chine, comme la mer jaune, la mer de Chine orientale, l’océan Pacifique, la mer de Chine méridionale et aussi le détroit de Taïwan.

Porte-avions

Le parcours chronologique de la dernière sortie du groupe aéronaval de Liaoning (Image : East Pendulum)

Accompagné par ses six navires d’escorte, un pétrolier ravitailleur et une vingtaine d’avions de chasse embarqués et d’hélicoptères, le groupe aéronaval Liaoning a opéré de manière quasiment « Full Scale » pour la première fois, en réalisant notamment une première percée très symbolique, bien que brève, dans l’océan Pacifique.

La télévision nationale CCTV a diffusé récemment un documentaire dans lequel le contre-amiral CHEN Yue Qi (陈岳琪), commandant du GAN Liaoning, et ZHANG Ye, le chef d’état major de l’escadre aérienne embarquée, ont été interviewés et ont révélé quelques informations inédites.

On apprend par exemple que les marins chinois, manquant sérieusement d’expériences aéronavales, avaient enchaîné des tas de problèmes dans le passé avant de surmonter l’épreuve de l’appontage, où les avions embarqués doivent réussir à « atterrir » sur une zone de 36 mètres × 2 mètres sur un pont en mouvement.

« A chaque fois que nous réglons un problème et progressons d’un petit pas, un autre souci surgit dès que l’environnement extérieur (du porte-avions et du vol) change, et nous devons repartir encore une fois pour trouver la solution. » raconte ZHANG, « Nous comprenons alors que l’expérience des autres n’est pas la nôtre, personne ne pourra nous aider à part nous-même. »

« Au début, quand la marine venait d’admettre le porte-avions au service actif, c’était littéralement le bordel à bord. Il y a eu des bouchons partout dans les couloirs du navire dès qu’on tire sur la sonnette. », confesse également le commandant du groupe aéronaval Liaoning, « Maintenant, chacun connait sa place et sait ce qu’il a à faire quel que soit le moment, et surtout comment il doit travailler avec les autres. »

Depuis l’admission au service actif du porte-avions en Septembre 2012, l’équipage de Liaoning a franchi une étape après une étape – de la maîtrise du navire seul jusqu’à l’intégration des forces aéronavales embarquées avec la flotte, en passant par la gestion coordonnée du porte-avions et de ses navires d’escorte.

Plusieurs manuels d’instruction ont évolué depuis cinq ans à l’aide des retours d’expérience, et le Liaoning obtient désormais le grade de « navire de classe 1 », qui signifie que le bâtiment est apte au combat selon la classification de la marine chinoise.

La dernière sortie en mer du porte-avions a donc servi du test grandeur nature pour tout l’équipage mais aussi pour ceux des navires d’escorte, notamment lors des activités sur le pont d’envol par mauvais temps et en situation de haute mer près de la première chaîne d’îles.

La flottille chinoise a effectué ainsi les opérations de ravitaillement en mer et entre les avions embarqués, la simulation de combat aérien et anti-navire, les premières pontées de J-15 en mer de Chine méridionale, et les premiers appontages basant uniquement sur les instruments embarqués avec la visibilité réduite.

Sans être une surprise, le reportage télévisé finit sur la chose la plus importante dans la culture chinoise, à savoir « manger ». On apprend alors qu’il y a dix cantines à bord du porte-avions Liaoning qui peuvent supporter le repas de plusieurs centaines de personne simultanément.

On a remarqué d’ailleurs que l’une des dix cantines était encore typée « halal » il y a quelques temps, mais son nom est changé désormais en « cantine ethnique » d’après les images dans le dernier documentaire télévisé. Un changement à la fois subtile et intéressant qui ne change rien au fait qu’aujourd’hui, à bord du premier porte-avions chinois, l’équipage est bien composé de 19 groupes ethniques différents.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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  • Bonjour Henri. I wonder whether you believe that the max displacement of Liaoning is 67,500 tonnes, with a length of 304.5 m, a beam of 75 m and a draft of 8.97m. (https://en.wikipedia.org/wiki/Chinese_aircraft_carrier_Liaoning) A carrier in Nimitz class is said to have a max displacement of 106,300 tonnes, a length of 332.8 m, a beam of 76.8 m and a draft of 11.3 m. (https://en.wikipedia.org/wiki/Nimitz-class_aircraft_carrier) The difference in the tonnes doesn’t seem to agree with the difference in the meters. Rumours have it that Russia chose to “downsize” their carriers for political reasons and China just kept using their downsized numbers also for political reasons. By the way, I also wonder whether a carrier (i.e. a frigate literally in Japanese terms) in Izumo class only has a max displacement of 27,000 tonnes, given its length of 248 m, beam of 38 m and draft of 7.5 m. (https://en.wikipedia.org/wiki/Izumo-class_helicopter_destroyer) By comparison, an LPD of type 071 has a comparable displacement of 25,000 tonnes, with a length of 210 m, a beam of 28 m and a draft of 7 m. (https://en.wikipedia.org/wiki/Type_071_amphibious_transport_dock) There are too many lies in this world…

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