La Chine dévoile sa première sonde martienne

Lors de la conférence de presse du programme martien chinois qui s’est tenu aujourd’hui à Pékin, la forme de la première sonde martienne chinoise est dévoilé au public pour la première fois.

Son nom officiel sera connu d’ici 4 mois, les Chinois viennent de lancer un concours pour avoir les propositions et ils sélectionneront le nom définitif parmi les 3 meilleurs choix. Pour ceux qui sont intéressés pour donner un nom à cette sonde chinoise, vous pouvez vous connecter sur ce site.

La sonde sera lancée entre Juillet et Août 2020 au centre de lancement spatial de Haïnan, à l’aide d’une fusée CZ-5. Elle est composée de 3 modules – l’orbiteur qui restera en orbite martienne pour servir de relais de communication, l’atterrisseur et un rover qui parcourra la surface de la planète.

Selon l’ingénieur en chef du programme martien chinois ZHANG Rong Qiao (张荣桥), le gouvernement chinois a donné son feu vert au projet le 11 Janvier 2016, mais les industriels ont démarrés (sur fonds propres ??) les études depuis le 2 Septembre 2014.

Cette sonde d’une masse totale de 5t est actuellement en phase de prototypage. La fabrication des composants est déjà commencée et les tests dureront environ 2 ans.

De nombreuses nouvelles technologies sont développées et appliquées dans le cadre du projet. Un nano-aérogel, par exemple, sera utilisé pour la protection thermique du rover.

Le rover martien pèsera environ 200kg, deux fois plus que le rover lunaire Yutu. Il analysera, une fois déployé et grâce à ses 13 équipements scientifiques, l’environnement et la composition géologique de la planète. Sa durée de vie théorique est de 3 mois martiens, soit environ 92 jours sur Terre.

Contrairement au rover américain Curiosity qui utilise un générateur thermoélectrique à radioisotope, le rover chinois, 4 fois plus petit, sera équipé de 4 panneaux solaires.

On peut noter également l’absence de bras robotique sur le rover, si les images de synthèse sont représentatives.

La zone d’atterrissage est déjà choisie et se situe près de l’équateur de l’hémisphère Nord. L’atterrissage sur Mars sera assuré par le freinage aérodynamique, le freinage par parachute, les rétrofusées et les pieds amortisseurs.

Pour ce faire, les ingénieurs chinois réutilisent en partie les technologies développées pour le programme habité et le programme lunaire, comme la protection thermique et les parachutes de capsule Shenzhou, et les pieds amortisseurs de l’alunisseur CE-3.

Une ambition démesurée ?

Contrairement aux autres programmes spatiaux chinois qui se font par petites étapes, le programme martien est à mon sens très ambitieux et regroupe plusieurs incertitudes à la fois.

Est-ce à cause d’une limitation du budget qui oblige les industriels à prendre des risques, ou alors c’est décidé ainsi grâce à une certaine confiance et maturité dans la maîtrise des technologies clés ? Le temps nous dira.

Quoiqu’il en soit, si cette première sonde martienne chinoise réussit ses missions, une autre sera lancée avant 2030 pour ramener sur Terre les échantillons martiens.

La fusée CZ-5

La fusée CZ-5

En parallèle de ce nouveau programme spatial, le programme lunaire va envoyer la sonde robotique CE-5 l’année prochaine pour récolter et ramener les roches sur Terre. Une autre sonde lunaire CE-4 sera lancée en 2018 et se poser sur la face cachée de la lune.

Les lancements de CE-6 et CE-7 pour aller explorer les deux pôles lunaires sont également en discussion, avant le démarrage du programme lunaire habité.

Au niveau du programme habité, le deuxième laboratoire spatial TG-2 devrait être mis en orbite d’ici Septembre, suivi par le vaisseau habité Shenzhou-11 en Novembre, et le premier vaisseau cargo avant Juin l’année prochaine.

Le premier module core de la future station spatiale sera lancé aussi entre 2018 et 2020.

En attendant, on peut aussi rester attentif au vol inaugural du lanceur lourd CZ-5, qui injectera directement le satellite SJ-17 en orbite GEO d’ici fin d’année. C’est le dernier lanceur chinois de nouvelle génération qui n’a pas encore effectué son premier vol.

Les petits CZ-6 et CZ-11, ainsi que le lanceur moyen CZ-7, ont déjà réussi tous leur vol inaugural récemment.

L’affaire à suivre.

Henri K.

P.S. : J’attends déjà la réflexion que ce n’est pas la première sonde martienne chinoise mais la deuxième, si on compte le malheureux Yinghuo 1 (萤火一号) de 110kg qui n’a jamais quitté l’orbite terrestre, et s’est finalement contentée d’étudier aujourd’hui les requins blancs au fond de l’océan, dans le Pacifique…

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

Latest comments
  • Sait on s il y a une collaboration entre les trois agences spatiales envoyant des sondes en même temps, au moins pour eviter les doublons pour les expériences ?

  • Espérons que la concurrence spatiale fera bouger les programmes nationaux. A quand enfin un pied sur le sable martien ?

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