Chengdu prépare la livraison du premier Wing Loong II

En Septembre 2016 nous avons évoqué ici la vente éventuelle du nouveau drone armé chinois Wing Loong II par le groupe AVIC à l’Arabie Saoudite, et une très courte phrase dans un article publié par l’avionneur chinois le lundi 6 Février laisse penser que la livraison du premier appareil pour un client étranger est imminente.

« Pour répondre aux besoins du client étranger, l’équipe de Wing Loong intensifie les essais au sol du premier Wing Loong II.« , souligne l’article, sans toutefois donner le moindre détail.

Sur l’image qui est également publiée au parallèle du texte est apparu un drone, sans ses trains d’atterrissage, posé sur un support au sol, qui est de taille bien plus imposante que son prédécesseur. On le voit à travers la hauteur entre l’emplanture et le sol qui mesure environ 1,7 mètres.

L’appareil est visiblement toujours en assemblage final, avec plusieurs personnels, probablement les préparateurs du bureau des méthodes, qui travaillent sur les côtés.

Wing Loong

Le premier Wing Loong II pour un client d’exportation sur la chaîne d’assemblage (Photo : AVIC)

On ignore si ce premier client d’export du Wing Loong II est bien l’Arabie Saoudite, mais l’adjoint ingénieur en chef DAI Chuan (戴川) de l’Institut 611 Chengdu avait précisé dans un interview accordé récemment à un magazine chinois que le groupe AVIC a signé « le plus gros contrat historique » de cette famille de drones, sans préciser le nom du client concerné.

Mais DAI a révélé trois histoires intéressantes sur la famille de drones MALE Wing Loong pour expliquer comment Chengdu a pu entrer sur le marché de la région. L’un des clients (de Moyen-Orient ?) avait demandé à l’équipe de Chengdu de mettre un drone Wing Loong au sol dans le désert en plein jour pendant 8 heures, avant de le faire décoller. Une épreuve que le drone a à priori surmonté sans effort.

Ensuite, une fois le drone en vol, la station de contrôle au sol n’a soudainement plus de courant électrique. Quand l’équipe chinoise demande à son client de remettre le courant, ce dernier indique qu’il s’agisse d’un test pour voir comment le segment sol et le drone réagissent en cours de coupure.

La batterie de secours au sol est épuisée un peu plus d’une heure après, puis toute communication est perdue avec le drone au bout de six heures. Malgré cela, l’appareil a retrouvé la piste seule et s’est posé en tout automatique.

La troisième histoire parle d’une visite d’un « VIP étranger » qui voulait évaluer le drone Wing Loong. Ce futur client a exigé, sans prévenir à l’avance, que l’engin attaque en mode autonome un Jeep téléguidé en mouvement. L’équipe au sol n’avait qu’une indication sur la zone approximative où se trouve le véhicule.

Wing Loong

Un Wing Loong I en Egypte.

Le drone chargé en missile est alors parvenu à rechercher, à identifier et à verrouiller sur le Jeep, sans intervention de ses opérateurs, avant de le détruire. Les Chinois ont appris par la suite que ce Jeep d’origine américaine a été importé par leur client il y a 7 ans, et il a déjà participé à une dizaine d’exercices de tirs réels où les F-16 et le Rafale l’ont servi comme cible, sans pouvoir le toucher jusque là.

Tous ces petits indices laissent donc penser que le premier client de Wing Loong II est soit l’Arabie Saoudite, ou les Émirats arabes unis, qui sont tous les deux déjà clients de Wing Loong I depuis quelques années. Sans oublier l’Egypte, qui dispose plusieurs exemplaires déployés près de la frontière avec l’Israël, pourrait aussi être ce mystérieux premier client.

Mais si les premiers Wing Loong II volent sous la couleur de la Force aérienne royale saoudienne (RSAF), on pourra alors se demander pourquoi trois drones armés chinois, de deux constructeurs différents, se retrouvent ensemble à servir pour les mêmes missions, bien que le pays cherche à se procurer un vecteur sans pilote avec une capacité d’emport plus importante pour sa lutte anti-terroriste, notamment au dessus du ciel yéménite.

En effet, la RSAF a déjà acquis un certain nombre de Wing Loong I en 2014, et a présenté fin Janvier leur premier CH-4B du groupe aérospatial chinois CASC, que nous avons parlé dans le dossier « l’Arabie Saoudite se dote des drones armées chinois CH-4 ?« . Le Wing Loong II, beaucoup plus grand que ces deux premiers, va apporter certes la capacité manquante mais il y a probablement une certaine redondance.

Wing Loong II

Le Wing Loong II est présenté pour la première fois au public lors du Salon aéronautique de Zhuhai (Photo : 烽火议军情)

Présenté pour la première fois au Salon aéronautique de Zhuhai en Novembre 2016, on connait l’existence de ce Wing Loong II depuis Septembre 2015 alors qu’il était en développement.

Trois fois plus lourd que son prédécesseur, le drone joue désormais dans la même catégorie du drone américain MQ-9 Reaper. D’ailleurs si on regarde l’évolution de Wing Loong I à Wing Loong II, on retrouvera le même schéma de développement chez General Atomics, avec le RQ-1 Predator et le MQ-9.

Quelques données sur ce nouveau drone chinois, qui devrait également rejoindre les rangs de l’armée de l’air chinoise dans les mois à venir :

Caractéristiques 
Longueur11,00 m
Envergure20,50 m
Hauteur4,10 m
MTOW4 200 kg
Charges externes maximales480 kg
Points d'emport6
(12 munitions au maximum)
Vitesse maximale370 km/h
Vitesse minimale150 km/h
Plafond9 000 m
Endurance20 heures de vol
Distance de décollage1 000 m
Distance d'atterrissage1 200 m
Rayon par liaison LOS200 km

Alors qui sera ce premier client étranger de Wing Loong II selon vous ? Votez pour celui qui vous semble être le plus probable.

Qui est le premier client d'export du drone chinois Wing Loong II ?

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A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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