CETC : Test réussi d’un essaim de 119 drones à voilure fixe

Selon un communiqué officiel diffusé par l’agence de presse Xinhua, le groupe électronicien chinois China Electronics Technology Group (CETC) a terminé avec succès l’essai en vol d’un essaim de 119 mini-drones à voilure fixe, battant son propre record de l’an dernier avec 67 engins du même modèle.

En 2016, Intel a réalisé un show de lumière grandiose avec 500 mini-drones dans le ciel. Mais à la différence des deux tests chinois, la firme américaine ont utilisé des drones quadcopters (mini-hélicoptère à quatre rotors), moins exigeant en gestion simultané des mouvements et donc en intelligence d’essaim.

Durant ce deuxième vol de démonstration de CTEC, les 119 drones, rangés par pille de quatre, ont été catapultés en masse avant de se rassembler en vol.

L’essaim s’est ensuite divisé en plusieurs groupes de mission, volant chacun en cercle autour de leur cible. L’essai comprend aussi d’autres manœuvres en groupe mais la vidéo version publique n’a pas permis de les voir en détail.

L’un des responsables du programme d’intelligence artificielle des drones de CETC indique que l’intelligence en essaim est au cœur du système d’intelligence artificielle des drones du futur, et ces technologies vont devenir à terme une force pouvant « changer les règles du jeu ».

Lors du premier test qui a eu lieu en 2016 avec 67 mini-drones à voilure fixe, les ingénieurs de CETC ont pu valider un certain nombre de points essentiels, comme la création en vol du réseau de communication ad-hoc au sein de l’essaim, la conscience individuelle de situation et l’évitement de collision, ainsi que le contrôle autonome du groupe.

Cela a notamment permis de tester la possibilité de réaliser la reconnaissance coordonnée et la surveillance distribuée à grand champ à l’échelle d’un essaim de drones, avant de pouvoir envisager, plus tard, des frappes de saturation contre des cibles au sol.

Ces deux essais récents chinois montrent donc clairement l’intérêt que porte le pays sur l’ensemble des technologies lié aux systèmes de drone de demain, et tout comme leurs homologues américains, les industriels chinois semblent être en train de se mettre en ordre de marche pour relever les défis associés.

On ignore toutefois, pour le moment, comment l’armée chinoise s’organise avec ses industriels pour adresser la recherche fondamentale, la définition des besoins et la planification des programmes. Mais on sait par exemple que les deux récents essais sont en réalité le fruit de collaboration entre le groupe CETC, l’Université Tsinghua et le jeune startup chinois Poisson (泊松技术).

Créé en Mai 2015 à Pékin, Poisson est une petite entreprise qui propose des services techniques dans l’intelligence artificielle des drones en essaim. Ses équipes utilisent les données fournies par le LIDAR (télédétection par laser) en trois dimensions et la caméra multi-spectrale portés par les drones pour obtenir les informations spatiales, qui alimentent ensuite une plateforme de système d’information géographique (SIG) pour le traiter.

Notre recensement des dernières recherches menées par l’Université Tsinghua montrent que les chercheurs et les élèves ont travaillé sur un système de contrôle et de navigation pour les drones en essaim basant sur des données optiques.

Les brevets déposés par les équipes universitaires montrent que le développement pourrait remonter à 2011. On apprend également que la même université a lancé un projet dès 1998, en collaboration avec un institut de recherche de l’armée chinoise, pour développer des technologies en système de contrôle intégré des capteurs électromécanique dédiées aux micro-engins volants.

Quant à CETC, le géant électronique en Chine qui emploie plus de 150 000 personnes aujourd’hui (un positionnement similaire à Thalès), il devrait jouer le rôle de l’intégrateur final qui prend également en charge le développement des autres briques technologiques, comme la communication inter-drones, le système de gestion de vol et des missions…etc.

Etant donné la taille des mini-drones utilisés dans ces deux essais en essaim, quelques kg environ, on devrait être en présence d’un projet semblable à celui lancé par l’ONR (Office of Naval Research) de l’US Navy appelé LoCUST – Low-Cost UAV Swarming Technology).

L’objectif de LoCUST est d’être capable de lancer une grande quantité de petits drones pour surveiller de manière « totale » une zone de mission et attaquer des cibles par saturation, en s’appuyant sur un réseau ad-hoc auto-adaptateur et la gestion autonome de l’essaim.

Le programme a mené plusieurs centaines de simulation et montre qu’en cas d’attaque, près de 3 drones sur 8 parviennent à pénétrer le sphère de défense anti-aérienne de la cible, et même dans le cas où le défenseur mets à jour ses moyens matériels, comme perfectionner la qualité des capteurs et augmenter le nombre de CIWS, au moins 1 drone arrivera toujours à traverser le bouclier et atteindre sa cible.

Jusqu’à présent l’équipe a déjà réussi à faire voler ensemble 50 drones. L’ambition de l’US Navy est de pouvoir remplacer, à terme, les missiles anti-navires Harpoon coûtant un peu plus d’un million de dollar pièce par les mini-drones de 15 000 USD unitaire.

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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