Ce que pensent les pilotes chinois de leur Su-35

La fin d’année approchant, les Su-35 déployés dans le sud de la Chine ont fait l’objet, soudainement, un regain d’intérêt des médias étatiques chinois. 

ont fait l’objet, soudainement, un regain d’intérêt des médias étatiques chinois. 

Ainsi, les journalistes de plusieurs chaînes de télévisions locales, notamment CCTV-4, CCTV-13 ou encore Dragon Television, une chaîne provinciale Shanghaïenne, se sont rendus à tour de rôle à la base aérienne de Suixi, où les Su-35 de la 6ème brigade sont stationnés, pour filmer et interviewer les pilotes et leur appareils.

On ignore pour le moment les vraies raisons derrière qui poussent ces médias à s’investir sur le sujet, alors que les Su-35 ont déjà bénéficié des « petites » campagnes de communication sino-chinoises en Février puis en Mai, après leur premières patrouilles en Mer de Chine méridionale et autour de l’île de Taïwan. Mais on peut raisonnablement supposer que la livraison des derniers appareils par la Russie ces derniers jours, sur la commande initiale de 24 avions, aurait suscité la curiosité des journalistes…

En effet, on apprend, dans un bref passage de quelques secondes du reportage « Today’s Focus » (今日关注), de la chaîne CCTV-4, que le commandant de la 6ème brigade ainsi que plusieurs de ses pilotes viennent de terminer un « vol de transit de plusieurs milliers de kilomètre ». Il y a donc fort à parier que ce sont des pilotes chinois qui ont ramené de Russie les derniers Su-35 livrés par l’usine KnAAZ.

En attendant d’en savoir plus sur la dernière livraison de Su-35 en Chine, les différents reportages télévisés ont avant tout révélé ce que pensent les pilotes de leur oiseaux.

« Si je résume en trois points mes ressentis sur le Su-35 par rapport au Su-27 (N.D.L.R. : Su-27SK), premièrement son interface homme-machine est largement améliorée, en deux ses armements sont plus avancés, et enfin sa performance au combat globale est aussi nettement supérieure », interviewé par Dragon Television,  SONG Ling Dong (宋令东), jeune pilote de moins de 30 ans raconte.

Pour WANG Xiao Dong (王晓东), commandant adjoint de la brigade et le premier pilote chinois à dépasser 100 heures de vol sur le Su-35, l’avion apporte d’autres avantages : « La manœuvrabilité du Su-35 est un point notable grâce notamment à ses moteurs à tuyère vectorielle. »

« Nous avons commencé à évaluer, cet automne, la capacité du partage des données Air-Air et Air-Sol de Su-35, et avons fait quelques percées sur la tactique de combat en formation contre des cibles aériennes et navales. »

La liaison de données tactique S-108, installée d’office sur les appareils chinois, assure effectivement les échanges et le partage des données entre maximum 16 Su-35. On ignore en revanche si cette liaison de données d’origine russe est compatible et intégrée aux réseaux de commandement chinois.

Il y a d’autres détails que l’on a pu voir dans les publications récentes de médias chinois – On apprend par exemple que les Su-35 commencent à enchaîner des campagnes d’entraînement de nuit, les journalistes ont parlé des journées de vol intensives entre 13h00 et 21h00 et ce plusieurs jours durant.

Les pilotes ont également commencé l’entraînement du ravitaillement en vol, de jour comme de nuit. Bien évidemment cela nécessite le déploiement des IL-78, qui n’existent qu’en trois exemplaires en Chine, puisque les autres ravitailleurs sino-chinois H-6U ne sont pas compatibles avec les avions d’origine russe qui sont acquis par l’armée chinoise, comme le Su-30MKK et aussi le Su-35.

On notera que les pilotes de Su-35 ont tous parlé de l’entraînement en forte intensité, et qu’il n’est pas rare d’effectuer plusieurs cycles de vol en une seule journée.

« Les mouvements de combat aérien sont maintenant plus violents, le facteur de charge que subi les pilotes sont donc plus grand, on voit souvent apparaître des points de sang sur notre corps », indique le jeune pilote SONG, « Notre combinaison est toujours trompée quand on descend de l’avion, ce qui nous oblige de nous changer avant de commencer un autre cycle d’entraînement dans la journée. »

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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