« Blue Sword », 40 navires de guerre et HQ-10

La marine chinoise a mené, jeudi dernier, un important exercice d’évaluation annuel dans la mer de Chine orientale. Plus de 40 navires de guerre venant de trois grandes flottes chinoises ont concouru ensemble dans des épreuves différentes, parmi lesquelles une a été soulignée spécialement par le journal officiel de l’armée chinoise, à savoir l’emploi des missiles d’autodéfense HQ-10 par les corvettes Type 056 pour intercepter les propres missiles anti-navires chinois YJ-83J.

L’objectif de cet exercice baptisé « Blue Sword Cup » (Coupe de l’épée bleue), selon les officiers du département d’entraînement de l’Etat-major de la marine chinoise, est d’évaluer la capacité des bâtiments à se défendre en mode autonome contre les menaces à basse altitude, que ce soit les missiles anti-navires à vol rasant ou des appareils militaires, et ce sans aucun soutien des données au préalable et sous un « contexte tactique particulier ».

Selon l’article paru le 8 Décembre, c’est la frégate 523 Putian, de classe Type 053H3, qui a ouvert le bail en tirant le premier missile anti-navire. La corvette 509 Huai’an de la flotte de l’Est a ensuite été choisi pour l’intercepter, seul, en tirant à son tour deux missiles HQ-10 l’un après l’autre, à environ une seconde d’intervalle.

Le reportage télévisé de la chaîne militaire chinoise CCTV-7 montre alors que les deux HQ-10 ont fait mouche sur leur cible volant près de la surface de la mer. Les photos publiées par la marine chinoise suggèrent qu’au moins quatre corvettes du même modèle ont aussi procédé aux tirs par la suite, durant lesquels elles devaient évaluer seules le résultat des dégâts et se décider si une autre vague de missiles anti-aériens devrait être lancée.

La question se pose alors sur ce que c’est le dit « contexte tactique » et pourquoi les autres frégates et destroyers chinois, qui ont également participé à l’exercice et pourtant plus versatiles en terme de capacités et de puissance, n’ont pas été mis sous le feu des projeteurs cette fois-ci.

Si on considère les dernières manœuvres de l’armée de l’air et la marine chinoise dans la direction de la mer de Chine orientale en mois de Novembre et Décembre, on remarquera que l’île de Taïwan a été directement ou indirectement concernée. Ensuite, l’exercice « Blue Sword Cup » se focalise non pas sur la projection de forces mais l’auto-défense des bâtiments et des flottilles, menée par les navires d’escorte de petite taille. On peut alors supposer, si ces deux événements sont liés, que la marine chinoise voudrait simuler la protection coordonnée de ses flottes de débarquement par les nouvelles corvettes, une fois que les bâtiments de premier rang seront déployés pour défendre la ligne Anti-Access & Area Denial (A2/AD) contre tous ennemis qui pourraient venir en aide des forces armées taïwanaises.

Cela explique pourquoi les médias institutionnels ont plutôt mis le focus sur ces corvettes Type 056 et leurs manières de coordonner leurs efforts que sur les « gros ».

Bien entendu il s’agit de l’une des hypothèses possibles et d’autres explications sont aussi plausibles, on devrait alors attendre d’autres exercices à venir pour regarder toutes ces manœuvres dans son ensemble.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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