ASN-301 : le cousin déjà lointain du drone kamikaze « Harpy »

Lors du dernier défilé militaire en Juillet pour célébrer le 90e anniversaire de l’armée chinoise, cette dernière a dévoilé non seulement un nouvel ICBM mobile, le DF-31AG, mais aussi trois nouveaux types de drone tactique – un drone brouilleur de communication, un brouilleur de radar et enfin, un drone suicide anti-radiation connu sous sa référence d’export, ASN-301.

Bien que le même drone a déjà été présenté à l’IDEX 2017 en Février cette année, c’est tout de même sa première présentation public en Chine alors qu’il est entré en service dans l’armée chinoise il y a plus de 10 ans.

L’histoire de l’ASN-301 remonte au milieu des années 90′ lorsque l’armée chinoise s’est procuré 100 drones IAI Harpy d’origine israélienne pour la somme de 55 millions de dollar américain.

Ce petit drone israélien, dérivé directement d’un autre drone anti-radiation de la société allemande Dornier, est doté d’un capteur de signaux radar et d’une charge explosive de 32 kg, capable de patrouiller à 4 000 mètres d’altitude et à une vitesse de 185 km/h, et d’attaquer les stations de radar au sol en mode « kamikaze » avec une précision de CEP 15 mètres.

C’est un peu avant l’an 2000 que l’Université Polytechnique du Nord-ouest en Chine s’est vu confier le projet de rétro-ingénierie de Harpy. En Juillet 2001, le modèle sinisé est entré en phase de calibrage et de test au sol, mais le motoriste anglais UEL, qui fournit déjà le moteur à piston AR731 à l’IAI, est revenu sur son accord avec les Chinois et a donc poussé ces derniers à développer leur propre moteur.

Entre temps, le programme de mis à niveau de Harpy, qui était inclus dans le contrat initial entre la Chine et l’Israël, a aussi été bloqué en 2004 par les Etats Unis, à l’instar du projet d’AWACS A50I prévu pour l’armée de l’air chinoise.

ASN-301

La phase d’attaque d’IAI Harpy

Mais l’un comme l’autre n’a rien pu empêcher les Chinois dans la dotation de ces vecteurs, qui ont décidé de continuer le développement seuls. C’est ainsi qui est né l’AWACS chinois KJ-2000 et l’ancêtre de l’ASN-301.

Comparé à son modèle de base Harpy, l’ASN-301, ou JWS01 dans la référence interne de l’armée chinoise, dispose d’une liaison de données supplémentaire avec les unités de commandement basées au sol, permettant celles-ci d’intervenir et reprendre le contrôle du drone si besoin.

Ceci est rendu possible notamment par l’ajout d’une suite optronique, capable de renvoyer les données visuelles au sol. C’est une capacité que dispose également Harop, le successeur d’Harpy développé également par l’IAI.

Les ingénieurs chinois ont aussi rajouté quatre dérives verticaux rétractables pour améliorer la performance aérodynamique de l’engin lors de la phase d’approche terminale, quand ce dernier se transforme en drone suicide une fois la cible est identifiée et localisée.

L’antenne passive de la version chinoise d’ASN-301 permet de capter un spectre plus large de fréquence, allant maintenant de 2 à 18 GHz contre 2 à 16 GHz pour la version d’export. Au moins deux formes bien distingues de capteur ont déjà été vues sur le drone chinois, suggérant que le drone chinois puisse s’adresser à deux différentes catégories de cible.

La motorisation du drone est toujours assuré par un moteur à piston, comme Harpy, mais réalisé en Chine. A la différence du modèle utilisé par Harpy, il peut être alimenté avec de simple essence pour automobile.

A taille comparable, l’autonomie et la vitesse de JWS01 sont légèrement améliorées, passant de 500 à plus de 600 km, et de 185 à 220 km/h. La version d’export ASN-301, par contre, semble avoir subit quelques contraintes sur la portée.

En ce qui concerne le coût, l’ASN-301 serait affiché au prix de deux millions de yuan, soit environ 254 milles d’euro, un peu plus cher qu’une roquette guidée de 300 mm de l’armée de terre chinoise par exemple.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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