L’armée chinoise simule l’intervention des « forces de tiers » en mer de Chine méridionale

Le Commandement du théâtre d’opération du Sud, de l’armée chinoise, a réuni il y a quelques jours ses forces aériennes et navales dans un exercice de confrontation, qui a eu lieu dans une zone non révélée en mer de Chine méridionale.

S’il n’est pas nouveau de voir que les troupes chinoises s’entraînent face aux unités OPFOR (Opposing Force) spécialisées, qui simulent les tactiques de forces armées des ennemis potentiels, l’un des points à souligner de cet exercice conjoint aéro-naval est la présence soudaine des « forces de tiers », un rôle joué par les avions de chasse chinois de dernière génération.

Peu de détails ont été révélés sur le déroulement de cet exercice, mais nous savons néanmoins que l’armée chinoise a mobilisé de nombreux types d’appareil, des unités de défense anti-aérienne au sol ainsi que des bâtiments de surface, et que les manœuvres ont duré plusieurs jours.

Le communiqué parle du déploiement des avions de guerre électronique qui ont permis de créer un « couloir de sécurité électromagnétique », avant que les chasseurs bombardiers, escortés par les avions de chasse, soient décollés sous la coordination des AWACS pour affronter les unités OPFOR.

Les navires de guerre et les stations de radar installés sur les îlots en mer de Chine méridionale ont également partagé des données, via la liaison de données trans-armées, avec les forces aériennes des deux côtés, entre « l’armée rouge » représentante l’armée chinoise et les unités OPFOR pour les « ennemis ».

Plusieurs J-10C, variante multi-rôles de dernière génération de la famille J-10, se sont alors introduits dans l’espace aérien comme « forces de tiers » et ont tenté de brouiller les appareils de « l’armée rouge » et interférer les manœuvres de cette dernière.

Face à cette intervention soudaine de forces extérieures, le commandement de « l’armée rouge » a déclenché le plan « pré-défini » pour contenir et expulser ces « perturbateurs », toujours selon le texte.

Si la suite de l’exercice n’a que peu de surprises et s’est soldée par un assaut général contre une « cible majeure » de surface côté OPFOR, l’introduction des unités « tiers » dans cet exercice d’envergure, qui semble simuler un conflit entre l’armée chinoise et les forces d’un pays voisin en mer de Chine méridionale, est assez révélateur.

D’une part, cela démontre que l’armée chinoise n’a aucune illusion sur la non-intervention des forces armées étrangères lors d’un conflit militaire dans la région, quel que soit le ou les pays en face et ce malgré les moyens Anti-Access/Area-Denial (A2/AD) développés et déployés progressivement depuis deux décennies.

Mais d’un autre côté, le scénario joué ici en particulier par l’armée chinoise semble indiquer que, selon leur estimation, l’intervention des forces de tiers sera néanmoins de faible intensité, voir simplement « de posture ».

Est-ce que cela représente l’estimation réelle de l’armée chinoise, ou celle-ci se prépare également au scénario d’une escalade plus musclée, qui pourrait l’engager sur une guerre de deux fronts simultanément ?

Si la réponse à cette question peut paraître évident, nous pouvons aussi se poser la question sur à quel moment ce « worst scenario » sera mis sur scène. Et si le remblaiement « programmé » du récif de Scarborough (黄岩岛) sera l’événement déclencheur ?

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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