L’armée chinoise mène un exercice à tirs réels à la frontière sino-birmane

Les forces terrestres et aériennes du théâtre d’opérations du Sud, de l’armée chinoise, a lancé un exercice militaire conjoint le mardi 28 Mars à la frontière sino-birmane.

Selon le communiqué officiel de l’agence de presse chinois Xinhua, cet exercice de tirs réels est « prévu dans le plan d’entraînement annuel ». Il a pour objectif d’évaluer la capacité des troupes chinoises à effectuer le déploiement rapide , la paralysie et la destruction précise, le confinement et le contrôle multi-dimensionnel, ainsi que les frappes conjointes entre les forces terrestres et aériennes.

Parmi les troupes déployées on compte plusieurs unités d’infanterie blindée, d’artillerie, et de lutte anti-aérienne. Les hélicoptères des forces aériennes de l’armée de terre, ainsi que les avions de combat, les avions de renseignement et les AWACS de l’armée de l’air chinoise, ont également participé à l’exercice.

On voit effectivement dans le reportage télévisé de CCTV-7 que plusieurs avions de chasse J-10A, les hélicoptères Z-9W et les howitzers automobiles PLC-09 ont pilonnés des cibles au sol, après que les forces aériennes et les unités anti-aériennes aient « sécurisé » l’espace aérien autour de la zone de l’exercice.

L’endroit exact n’a pas été révélé et la Chine n’a pas déclaré de zones interdites de survol, mais plusieurs signes montrent qu’il s’agisse plus d’une démonstration de force qu’un simple exercice prévu de longue date.

Par exemple, le communiqué de Xinhua, citant un colonel du chef d’état major du théâtre d’opérations du Sud, indique que l’exercice a permis de « démontrer la volonté et la capacité des troupes frontalières à sauvegarder résolument la sécurité de ses citoyens ».

Rappelons que l’armée birmane avait bombardée, par erreur dit-elle, un village chinois en Mars 2015 et faisant 5 morts. Le gouvernement birman est en guerre contre les rebelles dans la région Kokang, dont 87% de population est chinoise, située justement à la frontière sino-birmane.

Certaines scènes de cet exercice que l’on peut voir dans la vidéo ne correspondent pas à la doctrine de l’armée chinoise non plus, comme le déploiement bien trop dense des howitzers qui est vulnérable aux frappes de riposte, chose que nous ne voyons pas habituellement dans un exercice militaire chinoise.

La date des manœuvres chinoises semble avoir aussi été choisie soigneusement – en effet, à la veille de l’exercice chinois, 7 000 soldats de l’armée birmane ont défilé à Naypyidaw, la capitale du pays, pour célébrer le 72ème anniversaire de sa création.

Min Aung Hlaing, le commandant en chef des forces armées birmanes, a indiqué lors de l’ouverture de la parade militaire que l’armée fera le nécessaire pour régler les conflits ethniques dans les zones frontalières du pays.

 Il est à noter que la Chine semble pratiquer le bâton et la carotte avec la Birmanie, notamment sur le problème de la région de Kokang. D’un côté, la Chine a fait pression il y a deux semaine dans une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer une déclaration critiquant la situation en Birmanie, mais d’un autre côté, elle pourrait avoir lancé cet exercice militaire, d’une ampleur plutôt « modérée », pour rappeler son voisin du Sud-Ouest à l’ordre.

Le but semble être de ne pas pousser la Birmanie, qui vient d’élire sa nouvelle présidente Aung San Suu Kyi l’année dernière, dans les bras des Occidentaux, tout en maintenant une certaine pression pour influencer le conflit sanglant sur sa frontière, opposant les Chinois locaux et les Birmanes.

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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