L’armée chinoise confirme le catapultage réussi d’un J-15 sur EMALS

Si la réussite du premier catapultage au sol d’un avion de chasse embarqué chinois J-15, que nous avons rapporté ici l’an dernier en mois de Novembre, n’était encore basée que sur des rumeurs, l’article paru hier sur le Journal officiel de l’armée chinoise ne laisse plus aucun doute maintenant sur ce premier essai grandeur nature de la catapulte électromagnétique chinoise, semblable au système EMALS de l’US Navy.

Intitulé « Le courage d’être un fondateur des essais en vol pour la marine », l’article raconte brièvement l’histoire d’un chef pilote d’essai lors d’un test capital des forces aériennes embarquées. Bien que le texte reste volontairement flou et n’a nommé clairement aucun des équipements impliqués

On parle d’un « avion de chasse d’un certain modèle en développement », sous la manche de CHENG Hai Lin (程海林), qui s’est décollé à « très courte distance » grâce à un certain « équipement ». L’essai a eu lieu en mi-automne, dans une certaine base aérienne située à l’Ouest de la province de Liaoning.

EMALS

L’homme, pilote aéronaval avec 2 100 heures de vol au compteur et ancien adjoint au chef d’état-major des forces aériennes embarquées, a été nommé chef pilote d’essai d’un programme de « technologie clé » pour porte-avions en fin 2015, et avait participé depuis 2008 aux plusieurs projets de développement liés aux porte-avions chinois comme une nouvelle génération de brin d’arrêt.

« Un appareil expérimental de nouvelle conception », « un équipement entièrement nouveau et le plus avancé au monde », « des moteurs qui n’ont pas encore passé la validation de conception finale ¹ », et « la visibilité bien en dessous de la norme », c’est sous toutes ces incertitudes et le regarde des hauts responsables de l’armée et des industriels impliqués dans le programme que CHENG a donné le feu vert aux personnels au sol, depuis le cockpit de son appareil, pour le décollage.

L’article ne manque pas de souligner que la réussite de l’essai montre que « la Chine a réalisé une percée majeure dans un domaine de difficulté mondiale pour un porte-avions ». On retrouve d’ailleurs les mêmes expressions pour décrire le développement d’EMALS en Chine.

Il n’est donc pas difficile maintenant de remplacer tous ces mots entre guillemets pour en faire enfin une phrase lisible : Un J-15, conçu spécialement pour le CATOBAR, a réalisé fin 2016 son premier catapultage sur une piste EMALS expérimentale, installée au centre d’entraînement des pilotes aéronavals de Xincheng, qui se situe bien à l’ouest de la province de Liaoning.

On apprend d’ailleurs que le chef pilote d’essai CHENG a été décoré d’une Médaille du service méritoire de classe 1 fin Juillet, signé par le président chinois XI Jin Ping en personne.

Sachant que le projet de la catapulte électromagnétique chinoise a été approuvé en fin 2011, avec un budget de lancement de 700 millions de yuan (près de 90 millions d’€), cette communication institutionnelle de l’armée chinoise nous a également montré que le développement d’EMALS en Chine est avancé relativement vite, car l’unité d’essai que mène CHENG Hai Lin a été fondé en fin 2015, soit quatre ans le lancement du projet, pour un essai grandeur nature en fin Septembre ou début Octobre 2016.

Il est encore un peu difficile de prévoir l’emploi du temps de la marine chinoise à venir. L’article mentionne par exemple une vingtaine de retour fournie par CHENG après l’essai pour continuer le développement et préparer aux essais suivants, signe que la catapulte EMALS chinoise reste encore au stade expérimental aujourd’hui.

Mais une chose est sûre, après ses deux premiers porte-avions à tremplin, dit STOABAR, la marine chinoise va se doter enfin de porte-avions avec catapulte, à vapeur ou EMALS, comme elle a toujours demandé depuis 30 ans. D’ailleurs de nombreuses rumeurs circulent sur la découpe de la première tôle du 3e porte-avions chinois à Shanghai cette année.

Pour finir, ces nouveaux éléments ainsi que l’unique photo diffusée sur ce premier essai d’EMALS chinois nous permettent d’identifier laquelle des deux catapultes expérimentales installées à Xincheng est électromagnétique.

En effet, l’analyse de ce cliché et des images satellites semble confirmer ce dont nous avons suggéré depuis l’année dernière, à savoir qu’il est plus probable que la catapulte située à l’ouest soit l’EMALS, tandis que celle à l’est serait à vapeur.

A suivre.

Henri K.

 

Annexe :

¹ L’un des jalons majeurs dans un projet de développement militaire, qui valide le design final du produit.

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<p>Et si la vision du monde est « biphasée » ? C’est ce que Henri a toujours cru, c’est également comme cela qu’il voit la Chine.</p> <p>Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l’Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.</p>

Latest comments
  • These tests must be for the future naval 5th generation fighter under development at 601. So far the latest version of the J-15 will be the J-15B which apparently is still a STOBAR version.

  • A t’on une idée du budget total consacré à ce programme ?

    PS : Je signale un s en trop a adjoint du chef d’état-major.

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