Antimissile : le radar d’alerte avancée chinois se révèle enfin

La Chine vient de révéler à quoi ressemble son nouveau radar d’alerte avancée dédié la défense antimissile, installé en haut des montages dans la province de Shandong, dans une exposition publique à Pékin.

Ce gigantesque radar à balayage électronique de 30 mètres de diamètre a été inauguré le 27 Septembre 2016, sans tambour ni trompette, mais en présence de plusieurs hauts responsables de l’armée de l’air chinoise (PLAAF) ainsi que les représentants du constructeur NRIET et d’une unité d’alerte précoce antimissile.

Nous avions parlé de cette inauguration dans le dossier « Antimissile : 1er radar d’alerte avancée opérationnel » l’an dernier et donné certains détails techniques de ce radar d’alerte précoce dans « OTH, GBR… Ces radars très longues portées chinois ».

L’inscription de l’image indique que ce radar administré par la PLAAF fonctionne bel et bien en bande P, une plage de fréquence (de 225 à 390 MHz) utilisée également par le radar PAVE PAWS de l’armée américaine.

L’image confirme par ailleurs que la surface du radar est découpée en nombreuses sous-matrices, comme précisé dans les documents de recherche de l’Institut NRIET.

Les 10 000 modules T/R sont installés sur 60 sous-matrices de 2 mètres × 7,5 mètres et forment un cercle de 30 mètres de diamètre. Ce découpage permet de réduire la difficulté sur la conception, la fabrication et surtout l’installation du radar. Cette dernière demande par exemple que la planéité des sous-matrices soit ≤ 3,8 mm, conforme à la longueur d’onde décimétrique du radar.

Plus de 1 000 sources d’alimentation électrique sont nécessaires pour le bon fonctionnement du système. Les récits de NRIET indiquent que la densité de chaleur de chaque transistor atteint « plusieurs dizaines de W/cm² », ce qui nécessite l’implémentation d’un vaste réseau de refroidissement par liquide.

Aucune donnée sur la portée du radar n’a été communiqué alors qu’elle peut habituellement atteindre les 4 000 km, sinon plus, pour ce genre de dispositif.

Mais dans les études de simulation publiées par l’Académie de défense antiaérienne et antimissile, une institution formant les officiers spécialisés de l’armée de l’air chinoise, c’est le chiffre de 2 000 km effectifs qui ressort le plus souvent pour ce qu’ils appellent le « GBR-P » (Ground Based Radar, Band P), couplé avec les 800 à 3 500 km de radars trans-horizons (OTHR) et les 1 000 km de radars de conduite de tir à bande X (GBR-X).

L’ensemble a pour l’objectif de détecter, suivre, identifier puis fournir les solutions de tir contre les cibles (tête de missile en général) d’une SER de 0,2 m² en provenance de la zone de Guam, en océan Pacifique.

Sachant que la Chine dispose déjà un OTHR orienté vers cette direction, et que le GBR-P est maintenant en place, tout porte à croire que la construction du dernier maillon de système antimissile chinois vers le Pacifique, le GBR-X, serait d’ores et déjà en cours.

A noter que la forme des « modules » de ce radar d’alerte précoce chinois semble être très similaire à celle du JY-26, un radar de surveillance tridimensionnel fonctionnant en bande P et conçu par l’Institut n°38 du groupe CETC.

Le « couvercle » rond de JY-26 n’est pas un module T/R mais sert à protéger les dipôles situant en dessous et pour faciliter aussi le refroidissement à air.

Ces dipôles formant une croix sont capables d’émettre des ondes polarisés en droitier, gaucher ou directionnelles ce qui améliore la détection des cibles à faible observabilité, selon le constructeur.

Lors du Salon aéronautique de Zhuhai, les experts techniques de CETC, maison mère de NRIET également, avaient indiqué que la version chinoise de JY-26 déployé à Shandong, disposant le double de modules et 4 fois plus de puissance (> 100 kW) par rapport à la version d’export, a déjà suivi le mouvement des F-22 américains volants au-dessus de la péninsule de Corée.

A suivre.

Henri K.

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<p>Et si la vision du monde est « biphasée » ? C’est ce que Henri a toujours cru, c’est également comme cela qu’il voit la Chine.</p> <p>Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l’Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.</p>

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