Airshow China 2016 : l’Arabie Saoudite s’intéresse aux missiles anti-navire chinois

Une délégation de l’Arabie Saoudite, menée par le Commandant en chef de la Force aérienne royale saoudienne, s’est rendue hier au stand du groupe aérospatial chinois CASIC, au Salon aéronautique de Zhuhai.

Selon le média chinois Sina.com, les officiers saoudiens se sont notamment renseignés sur le missile anti-navire supersonique CM-302, les missiles Air-Surface CM-704KG et CM-802AKG, ainsi que le lanceur spatial de réaction rapide à ergol solide Kuaizhou.

Le missile CM-302 est l’un des produits phares de CASIC dans cette 11ème édition du Salon de Zhuhai. Selon la brochure officielle, ce missile reste en mode supersonique tout au long de sa portée qui est « limitée » à 290 kilomètres.

Il peut effectuer des manœuvres d’évitement durant la phase terminale, avant d’atteindre sa cible avec la charge explosive de plus de 250 kg, et avec une probabilité de réussite donnée à 90%. Le missile peut être lancé par un navire, un véhicule au sol ou un avion.

Le CM-302 (en haut) et le YJ-12A de la marine chinoise, le premier est intéressé par l'Arabie Saoudite

Le CM-302 (en haut) et le YJ-12A de la marine chinoise

Le CM-802AKG est un nouveau missile Air-Surface d’une portée supérieure à 230 kilomètres. Il peut prendre pour cible les installations et les sites de haute valeur au sol mais aussi les navires, grâce à son guidage double INS / Imagerie IR.

Lancé depuis une plateforme volante comme un avion de chasse ou un bombardier, ces derniers doivent porter un pod extérieur pour l’acquisition et la transmission des paramètres.

Un autre missile Air-Surface intéressé par les officiers de l’air de l’Arabie Saoudite est le CM-704KG. Ce missile d’une portée de 25 kilomètres est conçu spécialement pour l’export, contre aussi bien des cibles fixes ou mobiles au sol et des navires. Du fait de son poids relativement léger, il peut aussi être porté par les hélicoptères.

Le missile Air-Surface CM-704KG

Le missile Air-Surface CM-704KG

Pour finir, la délégation saoudienne a également échangé avec les responsables de CASIC sur les lanceurs de satellite Kuaizhou. Initialement conçu comme un lanceur militaire de réaction rapide, à l’image du programme ORS (Operationally Responsive Space) des Etats Unis, le programme Kuaizhou vise une haute réactivité d’accès à l’espace avec un temps de préparation du lancement très réduit, qui est inférieur à 24 heures.

L’objectif est d’être capable de restaurer, ou d’augmenter, la capacité spatiale comme la communication et la surveillance en temps de guerre, où les moyens nominaux risquent d’être détruits par l’ennemi.

Pour ce faire, les charges utiles, autrement dit les satellites, sont intégrés à l’avance avec leur lanceurs, comme des munitions pré-préparées. L’ensemble est ensuite stocké dans des fortifications. Suivant les besoins, il suffit de choisir les « munitions » – les satellites qui sont déjà pré-intégrés et pré-testés – sur une plateforme de lancement mobile, un TEL comme pour les missiles balistiques par exemple et de les tirer.

Le lanceur Kuaizhou-1

Le lanceur Kuaizhou-1

Le premier lancement de Kuaizhou-1 a eu lieu avec succès en Septembre 2013, le satellite portant le même nom a été placé en orbite basse où il y est resté plus d’un an. Le deuxième Kuaizhou a lui aussi été lancé en Novembre 2014.

Suite à ces deux succès consécutifs pour l’État chinois, le groupe CASIC s’est appuyé sur ce lanceur militaire pour développer des nouvelles versions dédiées aux marchés civils.

La première version est une conversion civile directe de Kuaizhou-1 qui a été rebaptisée Kuaizhou-1A. Le lanceur n’est plus intégré à sa charge utile à l’avance mais préserve sa très courte durée au niveau de la préparation du tir. La capacité reste aussi inchangé, 200 kg en orbite SSO à 700 kilomètres, ou 250 kg à 500 kilomètres.

Une version plus lourde, le Kuaizhou-11, d’une masse au décollage de 78 tonnes et d’un diamètre de 2,2 mètres, effectuera son vol inaugural en 2017. Il est conçu pour placer 1 tonnes en orbite SSO à 700 kilomètres. Les tests sont actuellement en cours.

Il est très intéressant de noter que, le lanceur Kuaizhou-1 version militaire aurait partagé la même base technologique que le premier missile anti-satellite chinois DN-1, également développé par le groupe CASIC. Nous avons déjà abordé ce sujet ici sur East Pendulum dans le dossier « L’armée chinoise reçoit les nouveaux missiles ASAT ?« .

Si l’intérêt des Saoudiens sur le lanceur Kuaizhou-1 et Kuaizhou-11 est confirmé, alors l’objectif de Riyad pourrait être tout autre que de disposer d’un « simple » moyen d’accès à l’espace. Cela témoignerait donc un rapprochement des relations militaires entre les deux pays.

L’affaire à suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdu dans ses pensées, ce responsable technique en aéronautique essaie pourtant de partager avec vous chaque jour les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

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