Anti-drone : Des solutions industrielles fleurissent

Pour faire face aux problèmes grandissants des vols illégaux de drone grand public, nombreux sont des industriels chinois qui se sont consacrés à ce nouveau segment de marché très prometteur. Des solutions anti-drone, mobiles ou fixes, allant de « fusils » de brouillage aux canons laser ¹ en passant par des différents moyens de surveillance, fleurissent abondamment en Chine et au moins une centaine de produits est en cours d’évaluation par plusieurs organisations gouvernementales et locales.

Fournisseur historique en matière des systèmes de lutte anti-aérienne comme le HQ-2, HQ-7, HQ-8 ou encore le HQ-9 parmi tant d’autres, l’Académie n°2 du groupe d’aérospatiale chinois CASIC s’est lui aussi mis à développer des systèmes pour pallier au danger de drone.

Sur la base d’un premier système Hard-kill appelé « Sky Net 1 » (天网一号), le constructeur missilier chinois vient de proposer une version améliorée en combinant un brouilleur électronique longue portée et un canon lance filet quadritube, le tout accompagné d’une tourelle optronique et montable sur un véhicule utilitaire léger de type pick-up.

La particularité de cette nouvelle version de Sky Net est sa manipulation très simplifiée, un seul opérateur est nécessaire désormais pour piloter l’ensemble du système. Durant la dernière campagne de démonstration et d’évaluation lancée par la police de la ville de Xia’men, le nouveau Sky Net, qui vient de terminer une batterie d’essais, est le seul parmi une dizaine de solutions anti-drone à avoir réussi à attraper un drone en plein vol avec un filet.

La vidéo diffusée par CASIC sur son compte Weixin montre qu’une fois le drone « clandestin » capturé par le filet, l’ensemble sera ramené au sol grâce à un petit parachute pour éviter les dégâts collatéraux causés par la rechute.

A noter que le système anti-drone Sky Net 1 a déjà été choisi et déployé plusieurs fois pour protéger les sites lors des événements majeurs, comme les Jeux asiatiques de 2010, le sommet de BRICS 2011 à Sanya, les Jeux olympiques de la jeunesse d’été de 2014, ou encore le Gala de Nouvel An de CCTV à Guangzhou en 2016.

Dans une autre ville en Chine, à Nanjing, c’est le système de lutte anti-drone AUDS de l’institut Nanjing Research Institute of Electronics Technology (NRIET) qui a été évalué récemment par le chef de la police locale.

Cette solution s’appuie essentiellement le radar YLC-48 développé par NRIET pour détecter des objets à faible signature en mouvement, en vol comme à la mer. Il s’agit d’un radar en bande S, de forme cylindrique et à balayage électronique actif, capable de surveiller sur 360° simultanément, ce qui lui permet d’éviter les problèmes lié au rafraîchissement des données.

Le moyen de détection omnidirectionnel est ensuite complété par un système de brouillage électronique pour assurer le Soft-kill des drones volants ou navigants illégalement.

Anti-drone

Le système anti-drone AUDS de l’institut NRIET

Un peu plus au nord, c’est dans la ville côtière de Lianyungang qu’une autre session d’évaluation et d’échange a eu lieu en Septembre dernier. Plus de 120 différents produits anti-drone ont pu être testé par la police locale et le système anti-drone « Sky Shield » (天盾), conçu par le groupe 081 à Chengdu, s’est fait remarquer notamment grâce à son radar à onde continue modulée en fréquence linéaire (LFMCW), en balayage électronique active à une dimension.

La neutralisation passe ensuite par l’emploi d’une arme à laser, où les experts techniques ont également eu l’occasion d’assister à un tir de démonstration. On ignore en revanche les détails sur cette partie du système d’arme.

Mis à part ces produits qui sont plutôt dédiés à la défense d’un site fixe, il existe aussi une grande variété de solutions anti-drone portables et individuelles proposés par les sociétés privées chinoises.

Ces solutions s’appuient essentiellement sur le brouillage de signaux de contrôle et aussi de géolocalisation, pour obliger les drones à revenir et se poser au sol.

Anti-drone

L’un des nombreux fusils brouilleurs chinois pour chasser les drones

Selon les données de la Federal Aviation Administration (FAA), agence gouvernementale chargée des réglementations et des contrôles concernant l’aviation civile aux États-Unis, 70% de drones de catégorie non-amateur enregistrés officiellement auprès des autorités américaines sont fabriqués par le constructeur chinois DJI, et 30 modèles les plus achetés représentent à elles seuls 88% des drones immatriculés.

En plus des solutions curatives pour neutraliser des drones volants dangereusement ou illégalement, la question se pose aujourd’hui sur la possibilité d’avoir des solutions « à la source » qui pourraient être proposées par les constructeurs pour obliger, de manière « encapsulée », les drones amateurs ou non-amateurs à respecter des zones de vol prédéfinies et sécurisées. Mais encore faut-il, pour cela, que les réglementations des autorités locales soient clairement partagées et définies.

A suivre.

Henri K.

 

¹ – Voir nos dossiers « Le laser anti-drone Silent Hunter » et « La société chinoise GuoRong dévoile un nouveau laser anti-drone »

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<p>Et si la vision du monde est « biphasée » ? C’est ce que Henri a toujours cru, c’est également comme cela qu’il voit la Chine.</p> <p>Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l’Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.</p>

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