2 AWACS et 2 chasseurs japonais pour intercepter 1 mini drone chinois

Après qu’un allié « très proche » des Etats Unis ait utilisé un missile Patriot de 3 millions USD pour abattre un drone civil DJI d’origine chinoise qui ne coûte que 300, en Mars cette année, on a assisté récemment à un autre phénomène d’overkill au-dessus des îles Senkaku / Diaoyu, un archipel inhabité de 7 km², où le Japon et la Chine ont un important différend territorial.

En effet, selon un communiqué officiel du ministère japonais de la Défense publié le vendredi 19 Mai, un « petit drone » s’est décollé du pont d’un navire de patrouille immatriculé 2308 des garde-côtes chinois, qui naviguait à 14 km Nord-Ouest de Senkaku / Diaoyu, c’est à dire à l’intérieur des eaux territoriales disputées.

On ignore comment les Japonais ont pu détecter un objet volant de si petite taille – peut-être que les navires des garde-côtes japonais étaient déjà sur place pour surveiller leur collègues chinois – mais leur réaction est immédiate – deux avions de chasse F-15J et deux avions de commandement AWACS, dont un E-2C, ont été dépêchés sur place pour l’intercepter.

Bien que le communiqué japonais n’a donné aucun détail sur l’incident, les médias japonais ont pu néanmoins récupérer une photo du drone en question auprès des garde-côtes japonais, et il s’agit visiblement d’un petit drone quadrirotor vendu au grand public.

Drone

Le mini drone chinois qui s’est décollé du pont de patrouilleur 2308 (Photo : JCG)

Bien entendu, l’envoi de l’escadrille aérienne par les forces armées japonaises n’est probablement pas pour intercepter un simple drone mais plutôt pour faire pression sur la flottille chinoise ce jour là – le navire 2308 n’était pas venu seul, mais avec 3 autres bâtiments des garde-côtes chinois immatriculés 2305, 2166 et 33115, soit un total de plus de 8 000 tonnes d’acier qui sont entrés dans les eaux territoriales de l’archipel.

Les 4 patrouilleurs chinois sont restés sur place pendant près de 2 heures, avant de repasser à la zone contiguë.

Et la réponse de la porte-parole du ministère chinoise des affaires étrangères ne se fait pas attendre non plus. Dans la conférence de presse journalière du 19 Mai qui a eu lieu à Pékin, HUA Chunying, directrice adjointe du département de l’information du ministère chinois, indique que le drone en question appartient aux journalistes qui étaient à bord, et non aux garde-côtes chinois. Il ne s’agit donc pas d’une opération militaire comme prétendent les médias étrangers.

Elle rappelle également la position officielle de la Chine, selon laquelle les Senkaku / Diaoyu font parties du pays et donc ce que font les garde-côtes et les citoyens chinois sur leurs territoires ne regardent pas les autres.

A noter que d’après les chiffres publiés régulièrement par les garde-côtes japonais, les « intrusions » chinoises dans les eaux territoriales et la zone contiguë des Senkaku / Diaoyu restent constantes depuis 2014, après un pic observé entre Q3 2012 et Q2 2013. Il semble être évident que la Chine maintient une présence quasi-permanente sur place, avec en moyenne 4 navires par sortie, pour appuyer leur revendication.

Senkaku Diaoyu

La présence des navires chinois dans les eaux de Senkaku / Diaoyu.

A suivre.

Henri K.

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Et si la vision du monde est "biphasée" ? C'est ce que Henri a toujours cru, c'est également comme cela qu'il voit la Chine. Maladroit dans son écriture, souvent perdus dans ses pensées, pourtant ce responsable technique en aéronautique essaie chaque jour de partager avec vous les actualités sur l'Empire du Milieu, avec notamment les éléments à la source que vous ne verrez probablement jamais ailleurs en France.

Latest comments
  • Bon dimanche, il manque la devise dans la phrase suivante en début d’article. : ;;; qui ne coûte que 300…

    Je pense que, au moins concernant les AWACS, il s’agit de  »détourné » les avions en vol. Mais cela démontre leur sensibilité 🙂

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